Citadelle : Jean Garry Denis dénonce des défaillances institutionnelles après le drame
L’ancien directeur général du Ministère d9e la Culture et de la Communication, Jean Garry Denis, est revenu sur la tragédie survenue à la Citadelle lors de la semaine sainte, qui a coûté la vie à plus d’une trentaine de personnes. Dans une prise de position publique ce 28 mai 2026, il estime que cette catastrophe met en lumière de profondes failles dans la gestion du patrimoine national et dans les mécanismes de sécurité entourant ce site historique.
Selon lui, les autorités ont privilégié la recherche de responsables parmi les cadres locaux plutôt qu’une analyse sérieuse des causes structurelles du drame. Il soutient que les problèmes observés étaient connus depuis longtemps, notamment le manque de personnel sur le terrain, la centralisation des décisions à Port-au-Prince et l’absence de réponse aux demandes formulées par les responsables régionaux.
Jean Garry Denis rappelle également que plusieurs signaux d’alerte avaient été ignorés avant la tragédie. Il affirme notamment qu’une mission d’évaluation destinée à anticiper l’arrivée massive de pèlerins durant la semaine sainte avait été proposée quelques jours avant l’événement. « Cette proposition a été ignorée par le ministère », déclare-t-il, regrettant l’absence de mesures préventives adaptées.
L’ancien haut fonctionnaire évoque aussi d’autres dossiers restés sans suite, notamment les travaux de consolidation du Fort Saint-Joseph et diverses initiatives visant à renforcer la protection du patrimoine culturel. Il rappelle qu’un forum consacré à la sécurisation des biens culturels n’avait pas reçu le soutien attendu de certaines autorités concernées.
Pour Jean Garry Denis, le drame de la Citadelle dépasse le cadre d’un simple accident. Il estime qu’il révèle une faiblesse persistante de la politique publique en matière de conservation du patrimoine. « La Citadelle mérite une gestion à la hauteur de son importance historique et identitaire », affirme-t-il, soulignant que la préservation des monuments nationaux constitue un enjeu stratégique pour le développement du pays.
Critiquant la réaction de l’État après la catastrophe, il dénonce les révocations prononcées contre certains responsables régionaux de l’administration culturelle. Selon lui, ces décisions relèvent davantage d’une logique de populisme que d’une véritable volonté de réforme. « La culture doit être protégée contre les dérives populistes et les instrumentalisations politiques », conclut-il, appelant à une gestion plus responsable et durable du patrimoine haïtien.

