La prison civile de Jacmel est surpeuplée, la SOMA alerte les autorités face à la chaleur
La prison civile de Jacmel regorge de prisonniers, elle compte actuellement 871 détenus. Ce chiffre a été communiqué à la presse le dimanche 7 juin 2026 par M. Jean Jeudy, coordonnateur de la Société Macaya (SOMA), une organisation locale de défense des droits humains.
L’organisation se montre particulièrement inquiète à l’approche de la saison estivale qui s’annonce étouffante pour les prisonniers, à l’instar de l’année précédente. Dans des cellules très restreintes, initialement construites pour accueillir environ 40 personnes, s’entassent désormais plus de 60 détenus. Ces derniers sont contraints de dormir recroquevillés et à tour de rôle, par système de relève.
Cette situation ravive de sombres souvenirs. Au cours du mois de juillet 2025, 14 prisonniers avaient ainsi tiré leur révérence. Ces morts successives étaient liées à des conditions de détention effroyables, cellules exiguës, surpopulation extrême, absence de soins et manque flagrant d’hygiène. Ce n’était pas une baisse du nombre de détenus due à des jugements, mais bien à des morts dans les cellules” avait deploré le BAL.
En visite de travail et d’évaluation le lundi 11 août 2025 dans la juridiction de Jacmel, le ministre de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) avait évoqué un plan à long terme visant à améliorer durablement les conditions de détention. Il avait annoncé la possibilité de construire trois grands centres carcéraux en Haïti, dont un dans le Sud-Est, plus précisément dans la 6e section communale de Montagne Lavoûte.
Ce projet, selon les explications fournies par le titulaire du MJSP lors d’une interview qu’il avait accordée à la presse locale, s’inscrit dans une stratégie nationale visant à offrir aux prisonniers des infrastructures conformes aux normes internationales.
Sur ce point, il avait souligné qu’une “annonce officielle devait être faite prochainement par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé”. Les organismes de droits humains restent dans l’attente de cette annonce, alors que l’urgence est signalée face à l’état précaire du plus grand centre carcéral de la juridiction.
Par ailleurs, le titulaire du MJSP avait annoncé un ensemble de mesures conjointes avec le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), incluant notamment la nomination de personnel judiciaire. Un engagement qui a été tenu par le Dr Pélissier.
L’officier des droits humains, M. Jeudy, confirme aujourd’hui qu’une série de nominations, de promotions et de renouvellements de mandats a bien eu lieu au sein de l’appareil judiciaire de la juridiction.
Toutefois, ces changements ne sont pas encore effectifs au tribunal de la commune de Belle-Anse qui n’est pas encore fonctionnel. Concernant l’alimentation des prisonniers, M. Jean Jeudy précise que le responsable actuel de la prison, de concert avec l’équipe de cuisine, en fait l’une de ses priorités.
Cependant, la grande question qui préoccupe désormais les organismes des droits humains du Sud-Est tels que la Plateforme Nationale Pour le Progrès des Droits Humains (PNPDH) et le Réseau Sud-Est de Défense des Droits Humains (RESEDH), affilié au Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) reste l’avancement des travaux de la nouvelle prison.
À quel niveau d’avancement le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé se trouve-t-il aujourd’hui dans la construction de ce centre pénitencier dans la 6ième section communale de Montagne Lavoûte dans leSud-Est?
Marcia MOÏSE
moisemarcha@gmail.com

