Tuesday, August 25, 2026
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Kenscoff ensanglantée : Vladimir Paraison peut-il encore rester à la tête de la PNH ?

Le massacre perpétré à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août 2026, qui aurait coûté la vie à plus d’une quarantaine de personnes selon les informations rapportées, vient une nouvelle fois exposer l’ampleur de la crise sécuritaire en Haïti. Au-delà de l’horreur et de l’indignation, cette nouvelle offensive des gangs soulève une question devenue incontournable : jusqu’où peut-on continuer à tolérer les échecs de la Police nationale d’Haïti sous le commandement d’André Jonas Vladimir Paraison ?

La responsabilité première de ce carnage appartient évidemment aux groupes armés qui ont planifié et exécuté cette attaque. Mais cette évidence ne doit pas servir à évacuer la question de la responsabilité institutionnelle. Lorsqu’une population est attaquée pendant des heures, que des dizaines de vies sont fauchées et que les forces de sécurité semblent une nouvelle fois incapables d’empêcher ou de contenir efficacement l’offensive, le bilan du commandement de la PNH doit être interrogé.

Vladimir Paraison n’est pas un simple observateur de la crise sécuritaire. À la tête de la principale institution chargée de garantir la sécurité des citoyens, il porte la responsabilité du commandement, de la stratégie opérationnelle, de l’anticipation des menaces et de la coordination des forces. Son rôle ne consiste donc pas uniquement à annoncer des opérations après les attaques. La mission première de la PNH est de protéger la population et de prévenir, autant que possible, les massacres.

Or, Kenscoff démontre une nouvelle fois les limites de la réponse actuelle. Les gangs conservent une capacité inquiétante à se déplacer, à s’organiser et à frapper des populations civiles. Chaque nouvelle attaque rappelle que l’initiative sécuritaire demeure trop souvent entre les mains des criminels. La police intervient, parfois avec courage, mais trop fréquemment après que le drame a déjà commencé.

C’est précisément là que se trouve le problème de fond. Une institution de sécurité ne peut pas être évaluée uniquement sur le nombre d’opérations annoncées, les patrouilles effectuées ou les arrestations réalisées. Elle doit aussi être jugée sur sa capacité à empêcher les attaques, à protéger les zones vulnérables et à reprendre durablement le contrôle des territoires.

Kenscoff avait besoin d’anticipation, de renseignements, de présence policière et d’une stratégie adaptée à la menace. Si, malgré les alertes et les précédentes attaques, les gangs ont pu infliger un tel bilan humain, il devient difficile de prétendre que la stratégie actuelle fonctionne.

La question de Vladimir Paraison dépasse donc désormais sa personne. Elle concerne la crédibilité même du commandement de la PNH. Combien de massacres faut-il encore pour que le gouvernement se demande si l’actuelle direction de la police dispose réellement des moyens, de la stratégie et du leadership nécessaires pour faire face à la situation ?

Il serait toutefois trop facile de faire de Paraison l’unique responsable de l’effondrement sécuritaire. La PNH souffre depuis des années d’un déficit d’effectifs, d’équipements, de moyens logistiques, de renseignements et de soutien institutionnel. Les gangs disposent également de ressources considérables et bénéficient d’un environnement politique et économique qui favorise leur expansion. Mais ces difficultés structurelles ne dispensent pas le directeur général de rendre des comptes sur les résultats obtenus sous son commandement.

Le silence ne peut plus être la réponse de l’État après chaque massacre. Les familles des victimes ont droit à la vérité, à la justice et à une protection réelle. Les policiers engagés sur le terrain ont eux aussi besoin d’une chaîne de commandement efficace et d’une stratégie claire.

Le massacre de Kenscoff doit donc être un électrochoc. Le gouvernement doit procéder à une évaluation sérieuse de la réponse sécuritaire, sans complaisance ni considérations politiques. Si Vladimir Paraison demeure à la tête de la PNH, il doit démontrer que son commandement peut inverser la tendance. Dans le cas contraire, son maintien à ce poste ne pourrait qu’alimenter davantage le sentiment d’abandon d’une population déjà traumatisée.

À Kenscoff, des familles pleurent leurs morts. Pour elles, la question n’est pas de savoir qui remportera le prochain débat politique. Elle est beaucoup plus simple : qui va enfin les protéger ?

Et cette question, Vladimir Paraison comme le gouvernement ne peuvent plus se permettre de l’ignorer.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.

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