Croix-des-Bouquets : une jeune femme tuée à la machette, la DCPJ recherche Nice B
À Croix-des-Bouquets, une jeune femme a été tuée à coups de machette par des individus présentés comme des membres du gang “Lanmò San Jou”. D’après les informations disponibles, elle aurait été accusée d’avoir enregistré et diffusé des images montrant Thomas Esther, alias Nice B, dans le fief du groupe armé, afin d’alerter la population sur sa présence.
La scène a été enregistrée dans une vidéo de 3 minutes et 28 secondes, largement partagée sur les réseaux sociaux le samedi 5 septembre 2026. On y voit trois hommes munis de machettes s’attaquer à la jeune femme, alors que celle-ci est toujours consciente et tente de les convaincre de l’épargner. Les individus filment les violences au moment même où ils les commettent, donnant à la séquence un caractère particulièrement glaçant.
À un moment de l’enregistrement, l’un des hommes armés désigne le bras de la victime et affirme : « Sa se ponyèt kite filme a ». Il s’en prend ensuite au membre de la jeune femme avec sa machette. Les images, d’une extrême brutalité, illustrent une nouvelle forme de violence dans laquelle les actes criminels sont eux-mêmes transformés en contenus destinés à circuler sur les réseaux sociaux.
Thomas Esther, alias Nice B, apparaît également dans la vidéo. Avant son apparition à l’image, sa voix est reconnaissable alors qu’elle s’adresse aux hommes armés pendant la scène. « Aaaa mesye sa nap fèm la bann pran tèt la non », déclare-t-elle. Connue sur les réseaux sociaux comme travailleuse du sexe en République dominicaine, elle fait désormais l’objet d’un avis de recherche des autorités haïtiennes.
La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a lancé cet avis de recherche moins de 24 heures après la diffusion de la vidéo. Thomas Esther, alias Nice B, est recherchée pour assassinat, tentative d’assassinat et association de malfaiteurs dangereuse et armée. La démarche des enquêteurs vise notamment à établir les responsabilités dans cette affaire et à déterminer le rôle exact de chacune des personnes impliquées.
Ce nouvel acte de violence rappelle que les exactions commises par les groupes armés ne sont pas un phénomène nouveau en Haïti. En juillet dernier, dans l’Artibonite, une vidéo avait déjà montré un jeune homme présenté comme un conducteur de tractopelle travaillant pour la PNH, soumis à de graves sévices avant d’être exécuté par des membres présumés du gang Kokorat San Ras. Malgré la diffusion de ces scènes particulièrement violentes, les réactions et mesures concrètes des autorités restent limitées, renforçant les inquiétudes autour de l’impunité et de la capacité de l’État à faire face à la criminalité des gangs.

