Expulsions américaines : 98 Haïtiens rapatriés lors d’un quatrième vol hebdomadaire
Quatre-vingt-dix-huit Haïtiens expulsés des États-Unis sont arrivés en Haïti dans la soirée du jeudi 10 septembre, à bord d’un vol charter de la compagnie Global X. Les autorités haïtiennes, qui avaient été informées de l’arrivée de 71 personnes, ont finalement dû prendre en charge 27 rapatriés supplémentaires.
Le vol 6122 a connu plusieurs changements dans son itinéraire et son horaire. Initialement prévu au départ d’Alexandria, en Louisiane, à 7 h 34, avec une arrivée au Cap-Haïtien à 12 h 22, l’appareil n’a quitté Opa-locka, en Floride, qu’à 17 h 10. Il s’est posé à l’aéroport du Cap-Haïtien vers 19 h 05, alors qu’une forte pluie s’abattait sur la ville.
Le retard a particulièrement compliqué la prise en charge des personnes expulsées. Après près de treize heures d’attente, en plus de la durée du trajet aérien, les rapatriés sont arrivés alors que les services d’accueil de l’aéroport avaient déjà fermé. Un repas chaud leur a néanmoins été distribué, ainsi que des documents, avant un accueil accompagné de l’hymne « Ayiti Chérie » et les procédures de contrôle effectuées par les autorités policières.
Le directeur général de l’Office national des migrations, Jean Négot Bonheur Delva, a fait part de ses préoccupations au Miami Herald concernant la gestion de ces vols. Il affirme que les équipes haïtiennes étaient mobilisées depuis 8 heures du matin et que les retards ainsi que les modifications de dernière minute occasionnent des coûts supplémentaires, notamment pour le transport et l’accompagnement des personnes rapatriées.
La situation financière complique également l’assistance aux expulsés. Les autorités haïtiennes indiquent ne plus disposer, pour le moment, des ressources nécessaires pour verser immédiatement l’aide au retour comprise entre 80 et 200 dollars par personne, pourtant prévue dans le dispositif d’accueil.
Ce quatrième vol intervient depuis que les expulsions américaines vers Haïti sont passées d’une fréquence mensuelle à une fréquence hebdomadaire. Ces opérations suscitent des inquiétudes dans un pays toujours marqué par l’insécurité, l’emprise des gangs sur plusieurs zones, les enlèvements et les difficultés de circulation sur certains axes. Des organisations de défense des droits humains s’alarment particulièrement de l’arrivée de personnes expulsées en soirée, estimant que ces conditions peuvent exposer davantage les rapatriés à des risques pour leur sécurité.
Cp: Miami herald

