Haïti : Quand les bureaux de transfert deviennent des instruments de souffrance pour la population
À Fontamara et Carrefour, deux quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince, les habitants vivent une réalité accablante. Les bureaux de transfert, censés faciliter l’envoi d’argent depuis l’étranger notamment, se transforment en instruments d’exploitation et de souffrance.
Dans ces zones, les responsables des bureaux imposent des frais exorbitants aux bénéficiaires de transferts. Par exemple, pour un transfert de 50 dollars américains, la somme de 250 gourdes est exigée. Une responsable d’un bureau situé à Fontamara explique que ces fonds sont directement versés aux gangs armés de la zone. Elle déclare : « Si nous n’acceptons pas, nous ne pouvons pas fonctionner ici. Ce n’est pas de notre faute, c’est l’État qui nous a trahis. »
À Carrefour, une femme témoigne avoir reçu un transfert de 500 dollars américains, pour lequel elle a dû payer 2 500 gourdes. Elle exprime sa tristesse face à cette situation injuste.
Ces pratiques ne sont pas isolées. Dans plusieurs régions d’Haïti, des bénéficiaires rapportent des cas d’extorsion et de frais supplémentaires imposés par des agents de bureaux de transfert. Certains sont contraints de payer des sommes supplémentaires en plus des frais officiels déjà imposés aux expéditeurs.
Ce phénomène soulève des questions cruciales sur la responsabilité de l’État haïtien. Pourquoi les autorités ferment-elles les yeux sur ces pratiques illégales qui exploitent les citoyens vulnérables ? Où sont les mesures concrètes pour protéger les habitants de Fontamara, de Carrefour et d’autres quartiers confrontés à de telles injustices ?
Il est impératif que l’État haïtien prenne des mesures immédiates pour mettre fin à ces abus. Les citoyens ne doivent pas être laissés à la merci de groupes criminels qui profitent de leur détresse. La justice et la protection des droits des citoyens doivent primer sur les intérêts des gangs et des individus corrompus.

