Haïti : MSF ferme deux centres médicaux à Port-au-Prince en raison de l’insécurité extrême
Lors d’une conférence de presse tenue à Pétion-Ville, Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé officiellement la fermeture de deux de ses centres médicaux dans la capitale haïtienne. Un désengagement partiel imposé par l’insécurité croissante, alors que les besoins humanitaires atteignent un niveau critique.
« Nous nous désengageons avec l’espoir de revenir, si les conditions le permettent. Mais soyons honnêtes, nous ne croyons plus aux promesses des autorités », a lancé Benoît Vasseur, chef de mission de MSF, visiblement éprouvé par la situation. Depuis septembre 2024, l’organisation a pourtant réalisé plus de 72 000 consultations, dont 10 000 en santé maternelle et près de 5 000 pour des victimes de violences sexuelles. Malgré ces efforts, la dégradation rapide du climat sécuritaire contraint MSF à limiter ses interventions.
À Cité Soleil, l’hôpital Drouillard fait face à une recrudescence des cas de maladies hydriques, tandis que les urgences s’accumulent à Delmas et Tabarre, où les équipes continuent d’opérer. En seulement dix jours, 314 victimes de violences armées y ont été traitées. Diana Manilla Arroyo, autre responsable de MSF, insiste sur la gravité de la situation des femmes : « Chaque jour, nous accueillons des femmes détruites par la violence. Elles paient le prix fort de cette crise. »
Présente en Haïti depuis plus de trente ans, MSF reste active mais sur la défensive. Elle en appelle aujourd’hui à un sursaut des autorités et de la communauté internationale pour rétablir un minimum de sécurité et éviter un effondrement total de l’aide humanitaire.
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