Haïti: La crise qui ravage le pays s’approche d’un point de non-retour, selon la cheffe du BINUH
« Sans une aide internationale opportune, décisive et concrète, la situation sécuritaire en Haïti risque de ne pas changer. », a déclaré ce lundi 21 avril 2025 la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU dans le pays, Maria Isabel Salvador, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Haïti. Elle a prévenu qu’Haïti pourrait être confrontée à un chaos total, et que tout retard dans le soutien international pourrait être la cause directe d’une telle détérioration.
Selon la cheffe du BINUH, Haïti s’approche d’un point de non-retour. Elle a donc exhorté les Etats membres du Conseil de sécurité notamment ceux engagés à rester mobilisés et à répondre aux besoins urgents du pays et de sa population.
La cheffe de la délégation kényane dans le pays, Monica Juma, a également appelé à la mobilisation internationale en faveur d’Haïti, affirmant que l’efficacité de la mission multinationale d’appui à la sécurité en dépend grandement. La conseillère à la sécurité nationale du Kenya a attiré l’attention du Conseil de sécurité sur le fait qu’environ 260 autres officiers kényans prêts à être déployés sont toujours de l’attente en raison d’un manque de matériel et d’appui logistique.
De son côté, la représentante permanente des Etats-Unis, Dorothy Camille Shea, a condamné les agissements des gangs criminels en Haïti réitérant l’engagement de l’administration américaine à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement haïtien et les partenaires internationaux dans le cadre de la lutte contre l’insécurité.
La diplomate encourage les bailleurs internationaux à contribuer aux efforts visant le renforcement de la force multinationale déclarant que les Etats-Unis ne peuvent pas porter à eux seuls le fardeau d’Haïti.
Pour sa part, le représentant permanent de la Fédération de Russie à l’ONU a exprimé sa préoccupation face à l’escalade de la violence des gangs criminels en Haïti. Il a appelé la communauté internationale à honorer ses engagements envers Haïti, indiquant que le régime de sanctions adoptées contre les gangs armés et ceux qui les soutiennent ne suffisent pas à rétablir la sécurité dans le pays.
Le diplomate russe a fustigé les Etats-Unis pour n’avoir pas adopté des mesures idoines pour réduire le flux d’armes vers Haïti en provenance de leur territoire. Pour le diplomate, les Etats-Unis sont responsables des problèmes d’Haïti.
Le représentant de la Chine à l’ONU a abondé dans le même déplorant également le flux d’armes qui arrive en Haïti et qui alimente l’insécurité en dépit de l’embargo imposé par les Etats-Unis. Le diplomate chinois a exhorté Haïti à assumer ses responsabilités en tant que Nation souveraine, promettant que la Chine continuera à jouer un rôle constructif dans le cadre des efforts pour restaurer un environnement sécuritaire en Haïti. Comme son collègue de la Russie, il a accusé les États-Unis d’être le principal artisan de la grave crise politique et sécuritaire qui secoue Haïti actuellement.
Prenant la parole à cette réunion du Conseil de sécurité des nations unies, le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, Roberto Alvarez, a lui assi appelé au renforcement du soutien de la communauté internationale à Haïti dans le cadre de la lutte contre les gangs armés.
“Le monde ne peut pas rester impassible face à la cruauté des gangs criminels qui multiplient de façon exponentielle les cas d’assassinat, de viol et d’incendie à Port-au-Prince et dans certaines villes de province”, a sensibilisé le chancelier dominicain, condamnant au passage la violation des locaux du Consulat dominicain à Mirebalais lors de l’invasion des gangs criminels dans le département du Centre.
Le chancelien dominicain a plaidé en faveur d’une intervention urgente de la communauté internationale en vue de résoudre la crise sécuritaire en Haïti soulignant que celle-ci pourrait impacter d’autres pays de la région. Il a révélé que 1500 soldats dominicains ont été déployés sur la ligne frontalière à la suite de la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti.
La coordonnatrice générale de l’organisation féministe haïtienne « Nègès Mawon », Pascale Solages, qui était invitée à prendre la parole à cette réunion du CSNU a présenté un tableau alarmant de la situation des femmes et des filles en Haïti notamment celles vivant dans les camps de déplacés internes.
La militante féministe a dénoncé le fait que les femmes soient utilisées comme terrain de guerre, mutilées et violées. La militante a également plaidé en faveur d’un agenda qui prend en compte les besoins et les défis auxquels sont confrontées les femmes haïtiennes.

