Le Fort INOSAN détruit : Quand la foi aveugle efface l’histoire d’Haïti
À Marchand-Dessalines, dans l’Artibonite, la démolition du Fort INOSAN par le Pasteur Bersony Antoine et ses fidèles bouleverse l’opinion publique. Ce monument, témoin de la résistance haïtienne, a été rasé au nom de croyances religieuses. Ce drame patrimonial relance le débat sur l’ignorance historique et l’inaction de l’État face aux menaces spirituelles sur la mémoire nationale.
Construit il y a plus de deux siècles, le Fort INOSAN incarnait l’un des piliers de l’héritage révolutionnaire haïtien. Aujourd’hui, il ne reste que des ruines et une profonde indignation. Selon les récits locaux, le pasteur Bersony Antoine, appuyé par un groupe de missionnaires chrétiens étrangers, aurait convaincu ses fidèles que l’édifice abritait des entités démoniaques. Ce prétexte mystique a justifié, à leurs yeux, l’effacement physique et symbolique d’un lieu central de l’histoire post-indépendance d’Haïti.
Cette attaque contre un patrimoine national n’est pas un acte isolé. D’après les révélations d’un membre de l’église du pasteur Antoine, d’autres joyaux historiques comme la Citadelle Laferrière et le Palais aux 365 portes seraient également dans leur ligne de mire. Face à ces intentions destructrices, les autorités restent muettes. La “dissolution” de la BSAP, unique organe de surveillance sur place, a laissé un vide sécuritaire et symbolique. Tandis que les appels à la justice se multiplient, le silence des institutions résonne comme une approbation tacite.
Ce drame met cruellement en lumière une réalité alarmante : en Haïti, l’ignorance du passé devient une arme puissante entre les mains de ceux qui veulent imposer une vérité religieuse déconnectée de l’identité nationale. Si l’État ne prend pas de mesures urgentes, d’autres pages de notre histoire risquent d’être effacées, non pas par le temps, mais par la main même de ceux qui prétendent libérer les esprits.
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