Les chefs de la République parlent pendant que le peuple tombe
Chaque fois qu’un drame frappe la Nation, chaque fois que des vies sont fauchées par la violence, le gouvernement haïtien réagit avec un communiqué. Encore un. Ce mercredi 23 avril 2025, suite à l’attaque meurtrière contre des membres de la Brigade de Canapé-Vert à Port-au-Prince, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a exprimé sa ” profonde consternation ” et adressé ses ” sincères condoléances “.
Mais depuis combien de temps cette mécanique est-elle répétée, vidée de sens? Condamner, s’émouvoir, promettre, puis… attendre la prochaine tragédie.
Le CPT promet, une fois de plus, de ” tout mettre en œuvre pour le rétablissement durable de la paix “. Pourtant, la réalité cruelle est là : les gangs progressent, les zones de non-droit s’élargissent, et les citoyens comme les forces de l’ordre meurent sans que des mesures concrètes ne soient prises pour stopper l’hémorragie.
Depuis plusieurs années, Haïti est plongée dans une spirale de violence qui dépasse les mots. Et c’est justement le problème : les mots sont devenus la seule arme de l’État. Une République qui s’indigne dans des communiqués pendant que les balles crépitent dans les rues. Une République qui présente ses condoléances mais ne protège ni ses policiers, ni sa population.
Jusqu’à quand allons-nous nous contenter de larmes officielles?
Car si l’État est sincère dans sa volonté de restaurer l’ordre, il est temps qu’il le prouve. Par des actes concrets. Par des opérations coordonnées. Par une politique claire de reconquête des territoires perdus. Par le réarmement moral et matériel de ses forces de sécurité. Pas seulement par des lignes publiées sur les réseaux sociaux.
Le peuple haïtien ne veut plus de promesses. Il exige des résultats. Il réclame de la protection. Et il attend, pendant que les communiqués s’accumulent… comme les cadavres.

