L’Artisanat haïtien sublime l’ONU : quand la culture devient une arme de justice
Au cœur du siège des Nations Unies, là où se dessinent les politiques mondiales, une autre voix s’est fait entendre, celle du génie créateur haïtien. En marge de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), l’artisanat national a opéré une percée historique, transformant les couloirs de la diplomatie en une vitrine vibrante d’émancipation et de résilience.
Sous l’égide de l’Unité Internationale pour la Promotion et le Renforcement des Institutions Haïtiennes (UNIRPIH), cette foire inédite a brisé les codes. Loin du simple folklore, l’événement a imposé une réalité concrète : la culture est un levier de justice. Alors que les débats onusiens se concentraient sur l’accès à la justice, l’UNIRPIH a rappelé une vérité fondamentale : pas de justice durable sans autonomie financière.
Des broderies méticuleuses aux sculptures organiques, chaque œuvre exposée portait en elle le récit d’une résistance. Pour ces artisanes, transformer une tradition séculaire en une opportunité commerciale n’est pas qu’un métier, c’est une stratégie de survie et de dignité face à la précarité.
Le stand haïtien est rapidement devenu le point de ralliement d’une sororité internationale. Des déléguées venues d’Ukraine, du Japon, du Bénin, du Canada ou du Congo s’y sont retrouvées, créant un dialogue spontané sur le leadership féminin. Ce succès repose sur une mobilisation d’envergure, portée par des figures de proue de la société civile et de l’État notamment :
Mme Pédrica Saint-Jean (Ministre à la Condition Féminine) et Mme Magalie Georges (Conseillère électorale) ont apporté un poids politique crucial à l’initiative.
Par ailleurs, Greatz Sinonel C. Gracia, Présidente de l’UNIRPIH, et d’autres personnalités comme Me Mérope Paul (ACINOSHA), ainsi que les anciennes ministres Gabrielle Hyacinthe et Eunide Innocent, ont plaidé pour une meilleure intégration des créatrices haïtiennes sur l’échiquier mondial.
En outre, le Pasteur Jong Hun Lee, Ambassadeur de l’IYF ainsi que l’infatigable Roselore Aubourg (CONFOR) et la diaspora ont prouvé que la solidarité haïtienne n’a pas de frontières.
Cette participation à la CSW70 marque un tournant. Il ne s’agit plus seulement d’exposer, mais de conquérir des parts de marché. En ouvrant les portes des instances internationales à ces créatrices, Haïti envoie un message clair au monde : le pays n’exporte pas uniquement des objets d’art, il exporte son courage et sa détermination.
L’artisanat haïtien a forcé l’admiration à New York ; il attend désormais de transformer cet essai en un moteur de développement durable pour des milliers de familles en Haïti.

