Bon Repos : Quand les gangs deviennent entrepreneurs sous silence de l’État
Depuis l’attaque meurtrière survenue le 29 février 2024 contre le commissariat de la localité de Bon Repos, à l’entrée nord de la capitale Port-au-Prince, au cours de laquelle six policiers avaient été massacrés par les hommes armés du gang Canaan et ceux de “Chen Mechan”, la zone est tombée sous contrôle total des bandits.
Depuis, ces groupes criminels ne se contentent plus de contrôler uniquement les rues. Ils rouvrent des commerces abandonnés et transforment les espaces désertés en véritables entreprises clandestines, gérées à leur profit.
Les bandits ont relancé les discothèques et autres établissements qui avaient fermé à cause de l’insécurité, selon des témoignages de résidents de la zone, qui soulignent que ces structures sont désormais sous la gestion des gangs, avec du personnel désigné par eux, et des règles imposées à la population locale, qui n’a d’autre choix que de consommer sous contrainte.
Depuis l’attaque du commissariat, où les gangs avaient même réussi à s’emparer d’un véhicule blindé de la police, aucune mesure concrète n’a été prise par les autorités pour reprendre le contrôle de Bon Repos. Les forces de l’ordre brillent par leur absence, et les habitants vivent dans une peur permanente, soumis à la loi du plus fort.
Ce qui se passe à Bon Repos est un miroir effrayant de ce qui se reproduit ailleurs dans le pays. Les gangs ne se contentent plus de semer la terreur, ils créent un système économique parallèle et imposent leurs propres institutions. Sans réponse rapide et structurée, ce modèle risque de s’étendre, aggravant encore la crise humanitaire et institutionnelle en Haïti.
Bon Repos, jadis paisible, est aujourd’hui un territoire occupé, où les gangs font la loi et prospèrent au vu et au su de tous. Leur transformation en entrepreneurs sous la passivité de l’État est une alerte rouge pour les autorités haïtiennes et les partenaires internationaux.

