Thursday, March 19, 2026
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Carrefour paralysée pour une deuxième journée : l’État haïtien cède-t-il le pouvoir aux gangs ?

Carrefour, 29 avril 2025 — Pour le deuxième jour consécutif, la commune de Carrefour reste paralysée, soumise à une grève imposée par le chef du gang de “Ti Bois”, Krisla. Cette mobilisation, prévue pour durer trois jours, vise à contraindre l’État haïtien à nommer une commission intérimaire pour diriger la mairie, suite à la démission du gouvernement municipal en place.

Les commerces, les entreprises privées et les institutions publiques locales ont fermé leurs portes, à l’exception notable des hôpitaux et des services d’urgence. Même les principales institutions publiques la Direction Générale des Impôts (DGI), l’Office National d’Identification (ONI), l’Office d’Assurance Véhicules Contre Tiers (OAVCT) et les services d’immigration ont suspendu leurs activités, obéissant tacitement à l’ordre émis par les groupes armés.

Cette grève illustre la mainmise croissante des gangs sur les structures étatiques en Haïti. À Carrefour, comme dans plusieurs autres régions du pays, le pouvoir de décision semble passer de plus en plus aux mains de ces groupes, reléguant les autorités étatiques à un second plan.

La situation est d’autant plus préoccupante que les autorités haïtiennes n’ont jusqu’à présent émis aucune réaction officielle face à cette paralysie imposée. Ce silence est perçu par de nombreux citoyens comme un signe d’abandon et d’impuissance de l’État face à la montée en puissance des gangs.

Si cette mobilisation se poursuit, elle pourrait servir de baromètre pour évaluer la capacité de l’État haïtien à répondre ou à résister à cette nouvelle pression exercée par les groupes armés. La question demeure : entre les gangs et l’État, qui détient réellement le pouvoir à Carrefour ?

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