De journaliste à accusé : Wadson Désir risque prison, déportation et inscription au registre des prédateurs sexuels aux États-Unis
L’ancien journaliste haïtien Wadson Désir, devenu chauffeur Lyft en Floride, a comparu devant une juge du comté de Miami-Dade jeudi 22 mai 2025. Il est poursuivi pour détournement de trajet, harcèlement et séquestration présumée d’une passagère. L’affaire, révélée par NBC6, soulève des préoccupations sur la sécurité des plateformes de transport.
En cas de condamnation, l’ancien correspondant de l’émission Couleurs Tropicales sur RFI encourt jusqu’à cinq ans de prison, plus de 5 000 dollars d’amende, une interdiction de séjour dans la zone de résidence de la victime et, en tant que ressortissant étranger, une possible déportation. Les agents de l’ICE, désormais présents dans les tribunaux américains, peuvent interpeller tout migrant impliqué dans une affaire judiciaire. Ses comptes Lyft et Uber ont été désactivés dès les premiers soupçons. Même en cas d’acquittement, il pourrait figurer à vie dans les registres des délinquants sexuels, une stigmatisation quasi irréversible dans le système judiciaire américain.
Ce dossier intervient dans un contexte tendu pour les applications de transport. Uber et Lyft font régulièrement l’objet de critiques pour leur manque de rigueur dans le contrôle de leurs chauffeurs. Selon CNN, plus de 10 000 cas d’agressions sexuelles, dont plusieurs centaines de viols, ont été signalés ces deux dernières années. Alors que Lyft reste silencieux malgré les sollicitations médiatiques, l’affaire Désir remet sur la table la responsabilité des plateformes et la protection des usagers.
Tandis que la justice suit son cours, Wadson Désir reste présumé innocent. Mais cette affaire, au-delà de son aspect individuel, illustre les tensions croissantes autour de la sécurité, de la régulation numérique et du statut précaire des migrants dans l’économie américaine.
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