Haïti en crise: le CARDH tire la sonnette d’alarme sur la montée des gangs
Le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) a publié un rapport, daté du 1er juin 2025, dressant un bilan très préoccupant sur la montée en puissance des gangs armés en Haïti.
Selon ce document, 28 territoires sont aujourd’hui contrôlés par ces groupes criminels, dont 25 situés dans le département de l’Ouest. Cette emprise a forcé 102 institutions publiques et 622 privées à se délocaliser, certaines étant vandalisées ou incendiées. Plus d’un million de personnes (1 064 935) ont été déplacées à l’intérieur du pays, fuyant la violence grandissante.
Le rapport fait état de 4 716 assassinats, incluant 136 policiers assassinés ou portés disparus, ainsi que 3 363 cas d’enlèvements. Cette situation est attribuée au laxisme et à l’implication de plusieurs autorités successives, aggravant la criminalité.
Face à ce fléau, la désignation récente des gangs haïtiens comme organisations terroristes internationales par l’administration américaine le 3 mai 2025 est un pas important. Cependant, le CARDH souligne que cette mesure devra être accompagnée d’actions concrètes, durables et concertées pour éviter que le pays ne devienne un territoire entièrement contrôlé par ces groupes.
Le rapport recommande notamment le recours aux services d’entreprises de sécurité privées spécialisées, telles qu’Academi (anciennement Blackwater), sous des conditions strictes de respect des droits humains et de contrôles rigoureux. Il insiste aussi sur la nécessité de renforcer les institutions de sécurité haïtiennes, notamment par la création d’une unité anti-terroriste/anti-gangs bien formée et équipée, l’augmentation des effectifs policiers et militaires, la levée de l’embargo sur les armes, et la mise en place d’un soutien logistique (aérien, maritime, terrestre).
D’autres mesures prioritaires concernent la construction d’une prison de haute sécurité, la formation d’une structure de réinsertion pour les enfants utilisés par les gangs, un appel au désarmement volontaire des membres des gangs, ainsi qu’une task force judiciaire spécialisée dans le traitement rapide des affaires criminelles.
Ce rapport du CARDH lance un appel urgent aux autorités nationales et partenaires internationaux afin d’agir efficacement contre ce phénomène qui menace gravement la stabilité et les droits fondamentaux en Haïti.

