Haïti et les États-Unis : Une relation toxique que nos dirigeants refusent de soigner
Alors que les portes des États-Unis se ferment brutalement aux Haïtiens, sous le prétexte d’une politique migratoire sécuritaire, raciste et sélective, la nomination d’un simple chargé d’affaires à Port-au-Prince sonne comme une gifle diplomatique. Ce n’est pas qu’un détail administratif : c’est une démonstration de mépris subtil, un désengagement calculé sous le masque d’une présence maintenue.
À quoi bon maintenir une ambassade aussi influente si c’est pour imposer, à distance, des décisions qui piétinent notre dignité nationale ? Si l’histoire entre Haïti et les États-Unis est longue, elle est aussi douloureuse. De l’occupation de 1915 à la manipulation politique contemporaine, Haïti a souvent été un pion dans une stratégie de domination régionale maquillée en aide humanitaire ou en coopération.
La doctrine de Monroe – « l’Amérique aux Américains » – continue d’inspirer la realpolitik américaine, mais dans ses recoins les plus sombres : fermeture, rejet, filtrage ethnique. Que reste-t-il des valeurs démocratiques et des droits universels quand une nation entière est exclue d’un territoire pour la simple raison qu’elle est noire, pauvre et caribéenne ?
Face à cette réalité, il est urgent que les autorités haïtiennes changent de cap. Il ne s’agit pas de renier les relations avec les États-Unis, mais de les redéfinir. Haïti doit sortir de cette logique de soumission perpétuelle. Une diplomatie moderne, ouverte sur le monde, plus solidaire, plus audacieuse, s’impose.
L’ambassade américaine à Port-au-Prince ne doit plus être une forteresse d’influence, mais un lieu d’échange égalitaire. C’est à nous, Haïtiens, de rappeler aux grandes puissances que notre peuple mérite le respect, la justice et la dignité. Assez d’humiliation. Assez de dépendance.
C’est l’heure de la reconquête de notre souveraineté diplomatique.
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