HISTORIQUE : L’Assemblée nationale française reconnaît l’injustice de la “double dette” imposée à Haïti
Dans un vote symbolique mais lourd de sens, l’Assemblée nationale française a adopté le 5 juin 2025 une résolution invitant le gouvernement à reconnaître officiellement l’injustice infligée à Haïti par l’ordonnance du 17 avril 1825, et à envisager une démarche de justice réparatrice, y compris le remboursement de la dette.
Le vote s’est tenu en soirée, dans une ambiance empreinte d’une solennité rare. Sur les 65 votants, 53 députés se sont prononcés en faveur de la résolution, proposée par le groupe GDR (communistes et ultramarins), marquant un tournant inédit dans les relations entre la France et Haïti. Le texte rappelle que la “double dette” — d’abord imposée en 1825 comme rançon pour la reconnaissance de l’indépendance haïtienne, puis refinancée par des emprunts français — a durablement appauvri la jeune République, entravant son développement économique pendant plus d’un siècle.
La résolution n’est pas juridiquement contraignante, mais elle interpelle le gouvernement français sur son devoir de mémoire et de réparation. Elle invite à la création d’une commission indépendante pour étudier les modalités d’une restitution juste et documentée. Le texte encourage également la mise en place d’un dialogue avec les autorités haïtiennes et les instances internationales pour ouvrir la voie à une réparation historique de cette injustice structurelle.
Cette initiative parlementaire, qui survient dans un contexte de débats mondiaux sur les réparations post-coloniales, pourrait servir de précédent pour d’autres anciennes colonies. Si l’exécutif donne suite à cet appel, la France deviendrait la première puissance coloniale à engager un processus formel de réparation financière envers Haïti, dont l’histoire douloureuse reste indissociable des exigences d’une reconnaissance sincère et d’une justice durable.
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