Péligre : le courant coupé, la colère monte, mais l’État se tait
48 heures après la nouvelle fermeture de la centrale hydroélectrique de Péligre par des citoyens en colère du Plateau Central, ni le Conseil Présidentiel de Transition ni la Primature n’ont daigné adresser un mot à la population. Port-au-Prince, plongée dans le noir, observe, impuissante, ce silence institutionnel devenu banal, pendant que les services vitaux, dont des hôpitaux comme La Paix à Delmas 33, luttent sans électricité.
La coupure de l’alimentation en électricité depuis Péligre n’est pas qu’un simple acte de révolte. Elle est le cri d’un peuple à bout, confronté à l’inaction chronique des autorités face à l’insécurité et à la terreur des gangs. Lorsque l’État perd le monopole de l’usage légitime de la force, c’est la population qui improvise ses mécanismes de pression même au risque de toucher des milliers d’innocents.
Ce silence du pouvoir en place face à cette crise grave est un affront. Il traduit une absence de leadership, un mépris pour les revendications légitimes d’un peuple meurtri. L’électricité ne peut être un luxe réservé à ceux qui sont protégés. Elle est un droit, et la sécurité en est la condition. Le pays attend plus qu’un sursaut : il réclame des actes concrets.

