Wednesday, March 18, 2026
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Les gangs utilisent la voix de la population pour dénoncer l’usage de drones kamikazes

Le chef de gang Krisla était à la tête d’une mobilisation populaire à Carrefour et Fontamara ce vendredi 20 juin pour dénoncer l’usage de drones kamikazes par la PNH.

Les rues de Carrefour et Fontamara ont été le théâtre d’une mobilisation impressionnante contre l’utilisation des drones kamikazes par la Police nationale d’Haïti (PNH). Officiellement, la protestation se voulait une dénonciation de « violences policières ». Officieusement, elle portait la marque de figures connues des autorités pour leurs exactions dans la capitale haïtienne. En première ligne : Krisla, membre de la coalition criminelle viv Ansanm activement recherché par la Police Nationale d’Haïti, accusé de multiples exactions, mais perçu localement comme un “leader communautaire”.

Sous les slogans « Nou pa bèt » et « Sispann tire sou pèp la ak teknoloji », des centaines de manifestants ont exprimé leur rejet d’une méthode de répression jugée “aveugle et inhumaine”. Si la PNH présente l’usage de drones explosifs comme un moyen ciblé et technologique pour affaiblir les gangs, ces habitants de Carrefour dénoncent une stratégie qui met les civils en danger dans des quartiers déjà fragilisés.

Krisla, dans un discours relayé largement sur les réseaux sociaux, a présenté cette mobilisation comme une « lutte pour la dignité et la reconnaissance ». Il accuse l’État haïtien et ses partenaires internationaux de mener une « stratégie d’extermination silencieuse » dans les quartiers populaires, une rhétorique souvent utilisée par les groupes armés pour se légitimer auprès des populations locales.

Cette situation place les autorités devant un dilemme stratégique : comment mener une guerre efficace contre les gangs tout en respectant les droits humains ? Alors que les drones représentent un outil de pointe pour la PNH, leur usage en milieu urbain pose des questions graves sur les dérives potentielles et les manipulations d’une population prise en étau entre la peur des gangs et les méthodes musclées de la police.

En fin de compte, la rue devient un champ de bataille symbolique où se joue non seulement le contrôle territorial, mais aussi la guerre de perception. Et dans ce combat, les gangs n’hésitent plus à emprunter la voix du peuple.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.