Un an de Rameau Normil à la tête de la PNH : Une République à genoux, livrée à la violence
Il y a douze mois, l’arrivée de Rameau Normil à la tête de la Police Nationale d’Haïti (PNH) avait été présentée comme une réponse à la dégradation sécuritaire. Un homme d’expérience, disait-on, capable de reprendre la main sur une institution minée par l’impuissance. Aujourd’hui, l’espoir s’est évaporé. Ce que vit la population haïtienne, c’est un cauchemar quotidien. Ce que le pays subit, c’est une mise à mort lente orchestrée dans le silence.
Des familles entières arrachées à leurs foyers. Des enfants fuyant sous les balles. Des quartiers entiers vidés, incendiés, livrés. D’un bout à l’autre du territoire, la peur est devenue une langue commune. Plusieurs massacres en un an, des millions de déplacés internes, des villes prises sans résistance. Où était la police ? Où était l’État ? Sous les ordres d’un directeur général resté impassible pendant que la République s’effondrait, morceau par morceau.
Les Haïtiens ne comprennent plus. Pourquoi les unités spécialisées de la PNH n’interviennent-elles pas dans les zones stratégiques la veille des attaques ? Pourquoi les opérations annoncées sont-elles annulées sans explication ? Pourquoi les criminels circulent-ils avec tant d’assurance pendant que les citoyens s’enferment ? À défaut de réponses, une impression s’impose : la police ne protège plus. Elle observe. Elle cède. Et peut-être, elle collabore.
En un an, Rameau Normil n’a offert ni vision, ni courage, ni transparence. Pas un mot pour les victimes. Pas un plan d’action crédible. Seulement des gestes bureaucratiques pendant que le sang coule dans les rues de Port-au-Prince, Carrefour, Cité Soleil, Cabaret, Gressier, Mirebalais, Kenscoff entre autres. Pendant que la population se défend seule, ou s’enfuit. La République n’est plus gouvernée : elle est fragmentée, trahie, abandonnée.
Un jour, les historiens chercheront à comprendre comment un pays a pu sombrer aussi vite. Ils retrouveront ce nom : Rameau Normil. Et cette date : son retour en 2024. Non pas comme un sauveur, mais comme celui sous qui l’ordre républicain a continué à disparaître. Car ce que ce peuple subit n’est pas une erreur de parcours, c’est une politique de l’abandon. Une république à genoux, livrée à la violence, sous les yeux d’un homme qui avait pour mission de la défendre.
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