Huit jours sans électricité : Silence de plomb sur le black-out qui paralyse Port-au-Prince
Depuis plus d’une semaine, la capitale haïtienne est privée d’électricité dans l’indifférence apparente des autorités intérimaires. Tandis que l’obscurité s’installe, l’instabilité politique et la méfiance populaire alimentent un climat de tension généralisée.
Mercredi 25 juin marque le huitième jour consécutif où Port-au-Prince et ses environs sont plongés dans le noir total. Aucun plan de rétablissement n’a été communiqué par le Conseil présidentiel de transition, actuellement englué dans des querelles internes pour le contrôle du pouvoir. Cette paralysie énergétique affecte gravement les hôpitaux, les commerces, les systèmes de communication et la vie quotidienne de millions d’Haïtiens, déjà confrontés à une crise sécuritaire sans précédent. Le black-out devient ainsi un nouveau front dans la spirale de l’effondrement national.
À Mirbalais, les tensions montent également après la mise hors service de la centrale hydroélectrique de Péligre par des habitants en colère. Ceux-ci exigent des garanties concrètes en matière de sécurité avant toute reprise des opérations. Ce sabotage, loin d’être isolé, reflète une perte de confiance profonde envers les institutions et une rébellion silencieuse contre un État perçu comme absent. Pourtant, malgré l’impact stratégique de la centrale de Péligre sur tout le réseau électrique national, aucune déclaration officielle n’a été faite par l’EDH ou le gouvernement transitoire.
Alors que le pays s’enfonce un peu plus chaque nuit dans l’obscurité et l’incertitude, la lumière semble aussi absente dans les décisions politiques. Entre sabotage populaire, indifférence des autorités et luttes de pouvoir, la population haïtienne ne voit toujours pas poindre l’ombre d’une solution.
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