Thursday, March 19, 2026
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Moïse Jean Charles ou la trahison des idéaux : Le cri d’Abel Loreston

Il arrive un moment en politique où les masques tombent, et les convictions d’hier deviennent les silences d’aujourd’hui. C’est ce constat amer qu’Abel Loreston, ancien compagnon de route de Moïse Jean Charles, a livré dans une entrevue au média Vant Bèf Info. Non pas par opportunisme, mais avec la gravité de celui qui a cru, épaulé, défendu – avant de se sentir trahi.

L’homme qui incarnait la voix des oubliés, le tribun enflammé des places publiques, serait devenu, selon Loreston, l’ombre de lui-même. Le flambeau de la souveraineté qu’il portait avec fierté semble s’être éteint dans les couloirs feutrés de la realpolitik. L’accusation est lourde : abandon des revendications populaires, indifférence aux souffrances paysannes, gestion obscure du ministère de l’Agriculture, et plus grave encore — une posture conciliante face aux puissances étrangères qu’il dénonçait autrefois avec vigueur.

Cette rupture entre parole et action, entre rêve et réalité, est loin d’être un cas isolé dans la scène politique haïtienne. Mais elle frappe d’autant plus fort qu’elle concerne une figure qui s’était précisément construite sur le rejet du système, sur la promesse d’un souffle nouveau. Loreston n’y va pas par quatre chemins : Moïse Jean Charles aurait trahi les siens, mais surtout trahi une idée – celle d’une Haïti debout, digne et souveraine.

Il ne s’agit pas ici de régler des comptes personnels. Ce témoignage vient poser une question brûlante : que deviennent les causes populaires une fois les projecteurs éteints et les postes acquis ? Dans un pays où la parole politique est souvent dévaluée, cette sortie ravive un vieux malaise : celui d’un peuple constamment mobilisé, rarement écouté, toujours trahi.

Le message de Loreston est sans appel : le vrai combat pour Haïti ne se mène pas avec des slogans, mais avec des actes. Et lorsque les actes contredisent les discours, il est du devoir des anciens compagnons, même dans la douleur, de le dire haut et fort.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.