Thursday, March 19, 2026
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Haïti : Le patriotisme en pause dès que le pouvoir est en jeu

Ils crient à l’ingérence étrangère… sauf quand elle leur ouvre les portes du pouvoir. En Haïti, l’indignation des politiques face aux interventions internationales semble étrangement conditionnée par leurs intérêts immédiats.

Les pourparlers entamés entre des figures connues de la classe politique haïtienne et la CARICOM n’ont rien d’innocent. André Michel, Pascal Adrien, Magalie Comeau Denis, Ted Saint Dic, Claude Joseph et bien d’autres s’y sont assis sans gêne, parfois avec empressement. Objectif non dissimulé : participer au partage du pouvoir sous la bénédiction d’une communauté internationale qui, hier encore, était accusée de tous les maux. Cette attitude soulève une question fondamentale : la souveraineté est-elle une valeur, ou simplement un slogan de circonstance ?

Dans les rues, les citoyens ordinaires peinent à comprendre ce double discours. Lorsqu’un Haïtien lambda réclame un minimum d’ordre ou de transparence, il se heurte au mur d’une rhétorique anti-impérialiste. Mais quand ces mêmes acteurs politiques sentent qu’ils peuvent bénéficier d’un « consensus » appuyé de l’extérieur, l’interférence étrangère devient subitement légitime, voire souhaitable. Le drapeau de la fierté nationale est alors plié pour laisser place aux calculs froids de positionnement et d’influence.

Haïti n’avancera pas tant que ses dirigeants traiteront la souveraineté comme un manteau qu’on enfile ou qu’on retire selon le climat politique. Ce pays mérite mieux qu’une loyauté à géométrie variable. Il mérite une boussole morale, pas un GPS électoral.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.