Washington supprime l’USAID pour recentrer l’aide étrangère sur le « America First »
Dans un virage radical, Washington met fin aux activités de l’USAID, pilier historique de l’aide humanitaire américaine. À compter du 1er juillet 2025, la diplomatie de développement cède la place à une logique stratégique : seules les initiatives servant les intérêts directs des États-Unis seront désormais financées. Le secrétaire d’État Marco Rubio entend rompre avec un système jugé inefficace, coûteux et contre-productif.
Sous l’administration Trump, les États-Unis décident de mettre fin à l’ère de « la charité sans retour ». L’USAID, symbole de la bienveillance internationale américaine depuis la guerre froide, est officiellement mise hors-jeu. Selon Marco Rubio, cette agence a échoué à atteindre ses objectifs de développement, tout en alimentant un système d’ONG mondialisées souvent perçues comme inefficaces, voire hostiles aux valeurs américaines. Le nouveau modèle entend transformer l’aide étrangère en un levier stratégique assumé de la politique étrangère américaine.
Le Département d’État reprend la main, avec une ligne claire : toute aide sera désormais conditionnée à une compatibilité avec les priorités de Washington. Les programmes devront produire des résultats mesurables, être limités dans le temps, et favoriser l’investissement privé au détriment des subventions à perte. Les pays partenaires sont invités à démontrer leur autonomie et leur volonté de coopération. Exit donc la logique d’assistanat : place à un partenariat fondé sur l’échange, la productivité et le commerce.
Dans un monde marqué par la rivalité croissante entre puissances, notamment face à la Chine, les États-Unis veulent se positionner comme un partenaire fiable mais exigeant. La nouvelle architecture de l’aide américaine doit concurrencer l’influence chinoise en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Washington mise désormais sur le « drapeau américain » comme emblème d’un appui franc, direct, et politiquement aligné.
Cette refonte radicale consacre l’ancrage du principe « America First » dans tous les pans de la diplomatie américaine. Si la réforme promet efficacité et retours sur investissement, elle pose aussi une question cruciale : que devient la solidarité internationale quand elle est soumise à des intérêts nationaux strictement définis ?
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