Wednesday, March 18, 2026
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“Décédé”: le mot qui trahit la lâcheté du pouvoir

Dans sa communication officielle autour de la commémoration du 7 juillet 2021, date de l’assassinat brutal du président Jovenel Moïse, la Présidence haïtienne a choisi d’employer le mot ” décédé “. Un choix linguistique qui, loin d’être anodin, trahit une posture institutionnelle troublante face à un crime politique d’une portée historique et nationale.

Dire qu’un président “est décédé”, c’est effacer la violence, les balles, la préméditation. C’est euphémiser un assassinat qui, quatre ans plus tard, reste non élucidé, non jugé, non assumé. Ce mot aseptisé témoigne d’un manque flagrant d’engagement moral et politique envers la vérité et la justice. Un chef d’État qui n’est pas mort naturellement dans son sommeil. Il a été exécuté chez lui, dans les conditions les plus humiliantes pour une nation souveraine.

Cette tournure molle révèle à quel point ce dossier est relégué à l’arrière-plan par les autorités actuelles. En utilisant un vocabulaire administratif et neutre, la Présidence donne l’image d’une institution détachée, voire complice par son silence, face à l’impunité qui gangrène le pays. Dans un contexte où l’État est attendu pour incarner la mémoire et la justice, ce mot suffit à illustrer l’abandon du dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse par ceux qui devraient en porter le flambeau.

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Miracson Mondesir

Miracson Mondesir, originaire de Mirebalais, est un journaliste professionnel. Rédacteur polyvalent, ayant la capacité de traiter plusieurs sujets avec succès notamment la politique et la culture. Il pratique le journalisme pour être utile à sa communauté.