La Gonâve étouffe : Stanley Eliassaint exige une reconquête maritime pour sauver l’île
Alors que l’insécurité urbaine monopolise l’attention, une autre forme de violence, plus insidieuse, se déroule dans le silence du golfe de La Gonâve. L’île, isolée par un blocus maritime imposé par des groupes criminels, est au bord du naufrage. Stanley Eliassaint, figure de la société civile, tire la sonnette d’alarme et réclame une réponse immédiate de l’État pour rétablir la sécurité et préserver la souveraineté nationale.
Sur les quais de Carriès ou de Montrouis, les embarcations pour La Gonâve sont de plus en plus rares. Ce n’est pas la météo qui freine la traversée, mais la terreur en mer. Des bandes armées, regroupées sous la bannière de « Viv Ansanm », contrôlent désormais les routes maritimes, interceptant cargos et chaloupes. L’île, déjà marginalisée, se retrouve étranglée, privée de ravitaillement, d’assistance médicale, et même de communication avec le reste du pays.
Dans ce climat d’abandon, Stanley Eliassaint, activiste et enfant de La Gonâve, refuse le silence. Il dénonce une situation qu’il qualifie de « séquestration insulaire », où la population est prise au piège d’un conflit non déclaré. Plus qu’un cri du cœur, sa déclaration est un appel stratégique : patrouilles navales, base militaire locale, ligne d’urgence, jeunesse formée… Le plan est clair, reste à savoir si l’État aura le courage politique d’agir.
Car les conséquences sont déjà visibles : marché noir florissant, pénurie alimentaire, déscolarisation massive, et services de santé en déclin. L’absence de l’État sur mer devient une blessure ouverte sur terre. Et si la tendance se maintient, c’est tout l’écosystème insulaire — social, économique, culturel — qui risque de s’effondrer. Une crise ignorée, mais pourtant explosive.
Eliassaint ne s’adresse pas seulement aux autorités haïtiennes. Son message vise également les institutions régionales et internationales. Il rappelle que laisser La Gonâve sombrer, c’est laisser la criminalité maritime s’installer durablement dans les eaux haïtiennes. C’est créer un précédent dangereux qui pourrait déborder sur d’autres zones côtières déjà vulnérables.
Face à ce péril rampant, une seule question subsiste : qui protégera La Gonâve si l’État continue de détourner le regard ? Dans l’urgence, Stanley Eliassaint ne propose pas seulement des solutions, il offre une boussole morale. Et dans une mer livrée au chaos, il serait temps que l’État retrouve le cap.
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