Condamner n’est pas gouverner : le pays s’enlise dans le chaos, les autorités observent
Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié, ce 23 juillet 2025, une note de condamnation suite à la mort de trois policiers de l’UDMO, abattus la veille dans l’attaque sanglante de Liancourt. Jean Louis Daniel, Dareus Daniel et Fegensly Mertus sont tombés, une fois de plus, sous les balles des gangs, pendant qu’ils accomplissaient leur devoir. Comme à l’accoutumée, les mots sont forts, la formule est solennelle, mais les actes manquent cruellement.
Depuis des mois, voire des années, chaque drame est suivi d’un communiqué. Chaque assassinat de policier, chaque incendie de blindé, chaque massacre de civils reçoit son lot de mots bien calibrés : ” condamnation “, ” solidarité “, ” hommage “. Pourtant, sur le terrain, la violence progresse, les gangs gagnent du terrain, et les autorités, malgré leurs communiqués, restent prisonnières d’une inaction chronique.
Il est désormais clair que l’État haïtien se satisfait d’une communication de façade pour masquer l’impuissance ou le désintérêt. Or, condamner ne suffit pas. Les familles éplorées n’ont que faire de la rhétorique. Elles attendent protection, justice et mesures concrètes. La population, elle, réclame une reprise du contrôle territorial, une politique de sécurité cohérente et des résultats tangibles.
En répétant inlassablement les mêmes phrases, sans poser d’actes forts, le pouvoir s’enlise dans une routine morbide. Les assassins, eux, agissent sans crainte. Et l’État, plutôt que de se montrer ferme, semble s’agenouiller devant la barbarie.
La République n’a pas besoin de nouvelles notes. Elle a besoin de courage, de stratégie et de leadership. À défaut, les prochaines victimes ne seront que des chiffres de plus dans une note déjà prête à être publiée.

