Friday, March 20, 2026
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Haïti trahie : Quand l’État s’efface devant le chaos

Le silence d’un État est parfois plus assourdissant que le vacarme des armes. En Haïti, ce silence est devenu une stratégie politique, un mode de gouvernance par l’abandon. Tandis que les gangs armés se disputent le territoire, la population est piégée dans un quotidien de peur, de déplacement forcé et de misère croissante. Dans ce chaos savamment entretenu, des imposteurs s’accrochent au pouvoir sans légitimité populaire, refusant d’assumer la responsabilité première de l’État : garantir la sécurité collective.

Ce qui se joue actuellement dépasse une simple crise sécuritaire. Nous assistons à une perversion complète de la mission régalienne de l’État. Le monopole de la violence légitime, principe fondamental de toute souveraineté, est désormais dilué, voire cédé, à des groupes criminels qui dictent leur loi avec une facilité effarante. L’inertie du pouvoir central n’est pas un accident. Elle est le résultat d’un calcul froid : instrumentaliser le chaos pour modeler les prochaines échéances électorales à l’avantage de ceux qui, dans l’ombre, nourrissent et financent le désordre.

Les autorités actuelles, loin de faire barrage au banditisme, semblent s’en accommoder — ou pire, en tirer profit. L’absence de volonté politique pour rétablir l’ordre n’est plus à démontrer. Et pourtant, aucun État digne de ce nom ne peut se construire sur les cendres de l’impunité. Aucun avenir ne peut s’envisager dans un pays où les bandits imposent le couvre-feu pendant que les dirigeants boivent le silence des victimes.

L’heure est venue pour les véritables forces vives du pays – citoyens, organisations, diaspora, et institutions morales – de refuser ce pacte funeste entre pouvoir et criminalité. Haïti ne peut être une démocratie capturée par les armes et dirigée par procuration. Le peuple haïtien mérite un État, pas une façade de pouvoir. Le monde doit cesser de regarder ailleurs. Et les Haïtiens doivent, avec courage, reprendre la parole et exiger des comptes.

Car l’histoire jugera durement les complices du silence.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.