Artibonite à bout de souffle : Près de 15 000 déplacés fuient les armes, l’État reste muet
Les violences armées qui secouent le Bas-Artibonite depuis le 16 juillet 2025 ont provoqué un exode massif de la population. Près de 15 000 personnes, issues principalement de Dessalines et Verrettes, se retrouvent sans abri ni protection, tandis que les autorités haïtiennes s’enferment dans un silence inquiétant.
Les scènes d’effroi qui se sont déroulées dans les sections communales de Villars (Dessalines) et de Liancourt (Verrettes) ont précipité plus de 3 400 familles dans un cycle de fuite et de survie. Pour la majorité d’entre elles, le seul refuge possible reste Poste Pierrot, dans la 4e section de Dessalines, où elles sont accueillies par des hôtes eux-mêmes en situation de grande vulnérabilité. Derrière ce chiffre se cachent des récits de villages désertés, de maisons incendiées, de combats armés entre gangs rivaux et de policiers exécutés. La violence, désormais hors de contrôle, transforme l’Artibonite en zone de guerre.
La gravité de la situation est documentée par l’OCHA et l’OIM, qui tirent la sonnette d’alarme face à une crise humanitaire en expansion. En l’absence d’une réponse étatique, la famine menace directement plusieurs milliers de déplacés. Des zones comme L’Estère, Jean Denis et Marchand Dessalines sont devenues inaccessibles aux humanitaires, bloqués par les affrontements et le climat de peur. Pendant ce temps, d’autres régions naguère épargnées, comme Saut-d’Eau ou Mirebalais, glissent à leur tour dans l’insécurité. Le tissu social s’effondre, l’État recule, et la population encaisse seule les coups.
À mesure que l’Artibonite s’enlise dans le chaos, le silence du gouvernement devient assourdissant. Aucun plan de soutien, aucune initiative de secours, aucun geste de présence n’a été enregistré. Loin des projecteurs, des milliers de familles haïtiennes luttent pour leur survie, abandonnées par une République en retrait, dans un pays qui semble avoir perdu jusqu’à la volonté de protéger ses enfants.
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Crédit photo: OIM

