Friday, March 20, 2026
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André Michel bloqué à l’aéroport, mais veut briguer la présidence haïtienne!

En Haïti, la politique est souvent un théâtre où les entrées en scène valent autant que les discours. Ce samedi 26 juillet, Me André Michel, figure bien connue du paysage politique haïtien, a été empêché d’embarquer sur un vol à destination des États-Unis à l’aéroport international du Cap-Haïtien. Pendant que deux avions s’envolaient vers Miami, lui restait au sol. Mais à peine cloué au tarmac, le voilà qui prend de la hauteur politique dès le lendemain : il annonce sa candidature à la présidence.

Le timing est si parfait qu’il en devient suspect. Selon plusieurs sources, cette interdiction de voyager serait liée à une liste noire transmise par les autorités américaines, visant des personnalités politiques et économiques haïtiennes jugées indésirables sur leur territoire. Que vient faire Me Michel sur cette liste ? Quel passif ou quels secrets partagés justifieraient une telle mesure ? Silence radio de l’intéressé. Il préfère détourner l’attention vers un agenda politique soudainement pressé.

Derrière cette annonce précipitée se cache peut-être une stratégie bien huilée : en se lançant dans la course à la magistrature suprême, Me Michel pourrait viser à redorer son image, se positionner comme victime d’un système international injuste, et surtout, viser le sésame que représente un passeport diplomatique. Car en Haïti, devenir candidat, c’est souvent chercher l’immunité plutôt que l’unité.

Mais l’homme qui se voulait “avoka pèp la” devra répondre à une question plus fondamentale : qu’a-t-il à proposer de nouveau à une population désabusée, qui vit sous la menace constante des gangs, de la pauvreté et de la corruption ? Lancer un projet politique est une chose ; le rendre crédible en est une autre.

Refuser le dialogue avec les gangs, promettre la sécurité et le développement, affirmer une souveraineté nationale souvent battue en brèche par les puissances étrangères — tout cela sonne fort. Mais sans une base populaire réelle, sans une rupture claire avec les compromis du passé, ces promesses pourraient n’être que des slogans de plus dans une République qui a tant besoin d’actes.

En définitive, Me André Michel n’a pas pris l’avion. Mais il semble vouloir s’envoler politiquement. À voir si ce décollage ne sera pas, lui aussi, recalé à la porte d’embarquement de l’histoire.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.