Crimes financiers et terrorisme : Haïti met en place un protocole strict pour encadrer les ressortissants déportés ou extradés
Le Ministère de la Justice haïtien annonce un nouveau protocole de gestion des ressortissants accusés de crimes financiers ou de liens avec des groupes terroristes. Ce document, signé par le ministre Patrick Pélissier, précise les étapes judiciaires à suivre dès leur arrivée sur le territoire.
« Tout ressortissant haïtien impliqué dans des affaires de crimes financiers ou terroristes fera l’objet d’un traitement judiciaire rigoureux dès son retour au pays ». Par ces mots, le Ministère de la Justice pose le ton. Avec ce nouveau protocole, publié officiellement ce mois de juillet 2025, l’État haïtien entend renforcer sa coopération avec les autorités étrangères, notamment américaines, en matière d’extradition, de déportation et de lutte contre le crime organisé transnational.
« Remis dès son arrivée sur le sol haïtien au Commissaire du Gouvernement ». Cette phrase, extraite de l’article 1 du protocole, résume la rigueur du dispositif. L’individu sera gardé soit dans un centre de détention de la DCPJ, soit dans un autre lieu jugé adéquat. Plus encore, « sans délai et avec diligence », le Commissaire est tenu de constituer le dossier en vue de l’instruction judiciaire. Un signal clair : l’impunité ne sera plus tolérée.
Le protocole va plus loin. Il mobilise l’ensemble des institutions de contrôle financier : UCREF, ULCC, IGF, entre autres. « Tout nouvel indice devra être transmis au cabinet d’instruction », insiste le texte. Le juge d’instruction pourra également s’appuyer sur des tiers, personnes physiques ou morales, afin de compléter l’enquête.
« Conformément au code d’instruction criminelle », Haïti entend reprendre le contrôle sur les ramifications internationales de sa délinquance financière et terroriste. Reste à voir si les moyens institutionnels suivront l’ambition politique.
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