Ultimatum de Barbecue : Le pouvoir de la rue défie l’autorité du CPT
À la veille de l’installation de Laurent Saint-Cyr à la tête du Conseil Présidentiel de Transition, le chef de gang notoire Jimmy Chérizier, alias Barbecue, a lancé une menace claire et directe contre deux symboles de l’État : la Villa d’accueil et la Primature. Dans une vidéo de moins de deux minutes, il annonce une offensive armée et intime aux riverains de rester passifs.
L’intervention de Barbecue ne relève plus du simple discours de chef de gang. Elle s’apparente à une déclaration de guerre contre le cœur même du pouvoir en transition. Sa vidéo, sobre mais percutante, montre un homme sûr de sa force et de son influence territoriale. Il ne cherche pas l’adhésion, mais impose la peur comme levier politique. Son appel aux habitants des quartiers de Delmas — fiefs stratégiques de Port-au-Prince — est une manière d’avertir : toute résistance civile pourrait être assimilée à une prise de position ennemie.
Pendant ce temps, le CPT s’affaire à organiser l’investiture de Laurent Saint-Cyr dans un climat irrespirable. La capitale est assiégée par des détonations nocturnes, la population est en alerte, et la mission internationale de sécurité, déjà fragilisée, reste silencieuse. À Kenskoff comme à Delmas, l’État semble absent, ou du moins incapable d’agir de manière préventive.
Ce jeudi 7 août pourrait entrer dans l’histoire non pas comme le jour d’un nouveau départ politique, mais comme celui où le pouvoir d’un chef armé a ouvertement défié l’État sans être inquiété. Le face-à-face annoncé entre Barbecue et la gouvernance de transition pourrait bien décider de l’avenir immédiat d’Haïti.
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