Rameaux tombe avant Noël
En plein mois d’août, bien loin des cloches de Noël et des résolutions du Nouvel An, la politique haïtienne nous sert déjà un mélange de symboles religieux : Rameau Normil, dont le prénom évoque la fête chrétienne des Rameaux — entrée triomphale de Jésus à Jérusalem avant sa passion et sa mort — vient de quitter la scène policière, remplacé par Jonas Vladimir Paraison.
La fête des Rameaux, dans la tradition chrétienne, rappelle ce moment de gloire où Jésus entre à Jérusalem sous les acclamations, quelques jours seulement avant son arrestation et sa crucifixion. Ironie du destin, Rameau Normil, autrefois acclamé à la tête de la Police nationale d’Haïti, connaît aujourd’hui une fin tout aussi abrupte, quoique beaucoup moins sacrée.
Le Conseil présidentiel de transition a tranché : à cinq mois de Noël, Rameau reçoit un “cadeau” inattendu — un ordre de révocation, soigneusement emballé dans un communiqué officiel. Jonas Vladimir Paraison, ancien chef de sécurité du Palais national, prend la relève. En Haïti, Noël symbolise la naissance et l’espoir ; le Nouvel An, les résolutions et les nouveaux départs. Mais ici, on célèbre ces “fêtes” quand on veut : en août, on mélange volontiers la crèche et la croix, les sapins et les rameaux, pour donner un air de renouveau à de vieilles pratiques.
De l’entrée triomphale à la sortie discrète, Rameau aura vécu son “Dimanche des Rameaux” version institutionnelle… sans attendre Pâques, et encore moins Noël. Mais dans la passion politique haïtienne, les “résurrections” ne sont jamais exclues.
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