Thursday, March 19, 2026
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Haïti : La Fondation TOYA exige justice et protection pour les survivantes de violences sexuelles

Alors que la crise sécuritaire s’aggrave, les violences sexuelles utilisées comme arme de terreur par des groupes armés explosent en Haïti. Dans une note publiée le 9 août 2025, la Fondation TOYA dénonce l’inaction persistante de l’État et réclame des mesures urgentes pour protéger les survivantes, sanctionner les agresseurs et briser le cycle de l’impunité.

Depuis plusieurs années, Haïti est plongée dans une insécurité endémique où les violences sexuelles se multiplient à un rythme alarmant. Les gangs armés se servent du viol et des agressions sexuelles comme d’un outil systématique de contrôle et de terreur, touchant principalement les femmes et les filles. Entre janvier et octobre 2024, près de 4 000 cas ont été officiellement signalés, un chiffre largement en deçà de la réalité à cause de la peur et de la stigmatisation qui dissuadent de nombreuses victimes de porter plainte.

La Fondation TOYA, qui soutient chaque mois en moyenne une quinzaine de survivantes, rappelle que malgré la criminalisation du viol en 2005, l’impunité reste la norme. Les failles dans le système judiciaire, le manque d’enquêtes sérieuses, la faiblesse des poursuites et l’absence de volonté politique laissent les auteurs de ces crimes agir en toute liberté. Cette passivité, aggravée par le silence complice de certaines autorités, alimente un climat où la justice devient un mirage pour les victimes.

Face à cette situation, la Fondation TOYA formule sept demandes précises à l’État, dont la création de tribunaux spécialisés, le renforcement de la formation des acteurs judiciaires et policiers, la mise en place de mécanismes de suivi des plaintes et l’intégration des droits des femmes dans les stratégies nationales de sécurité. Elle réclame aussi la publication rapide de la loi-cadre sur la prévention, la sanction et l’élimination des violences faites aux femmes. Ces mesures visent à garantir une protection effective et à offrir aux survivantes un véritable accompagnement psychosocial, juridique et économique.

Pour l’organisation féministe, il est urgent que les autorités haïtiennes rompent avec leur inaction. Chaque jour perdu accroît le traumatisme des survivantes, nourrit la peur et déchire davantage le tissu social. TOYA rappelle que lutter contre les violences sexuelles n’est pas seulement défendre les droits des femmes, c’est préserver la dignité et l’humanité de toute la société.

« Les femmes agissent, la société change » : pour la Fondation TOYA, cette devise doit devenir une réalité politique et judiciaire en Haïti, car la justice pour les survivantes ne peut plus attendre.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.