France : Polémiques autour des promotions de prêtres condamnés pour crimes sexuels
La nomination récente de prêtres lourdement condamnés pour des affaires pédocriminelles provoque de nouvelles secousses au sein de l’Église catholique française. Entre indignation des fidèles et justifications des autorités religieuses, la question de la mémoire des victimes et de la confiance dans l’institution revient avec force.
À Angers, l’évêque Mgr Emmanuel Delmas a finalement annulé la récente promotion du père Joseph Renaud, 76 ans, condamné en 2017 pour détention d’images pédopornographiques. Initialement nommé notaire et délégué à la protection sociale du clergé, le prêtre a renoncé à ses nouvelles fonctions pour éviter, selon le diocèse, de « rajouter au trouble » de la communauté. Aucune de ses missions n’impliquait de contact avec des mineurs, précise l’autorité diocésaine, mais la décision avait provoqué un profond malaise.
La polémique résonne avec une affaire similaire à Toulouse, où l’archevêque Guy de Kerimel a nommé en juin dernier Dominique Spina au poste de chancelier. Ce prêtre avait été condamné en 2006 à cinq ans de prison pour le viol d’un lycéen. L’archevêque assume son choix au nom de la miséricorde, déclenchant un vif débat sur la compatibilité entre pardon spirituel et responsabilités institutionnelles.
Ces deux affaires illustrent le défi majeur de l’Église : concilier la réinsertion de ses membres condamnés et la préservation d’une crédibilité déjà fragilisée par des décennies de scandales.
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