Fritz Alphonse Jean dénonce des décisions unilatérales mais continue de profiter des privilèges du pouvoir
La révélation d’un supposé contrat entre l’entreprise militaire privée Blackwater et le pouvoir intérimaire haïtien pour la perception de taxes frontalières sur plus de dix ans a semé le trouble. L’affaire a tout d’une bombe politique, même si elle n’a pas encore été confirmée officiellement.
Au cœur de la tempête, le conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean a cru nécessaire de publier une mise au point. Il nie avoir eu la moindre connaissance d’un tel dossier, tout en affirmant que son cabinet en a été tout autant ignoré. Pour lui, si ce contrat existe, il engage directement le Conseil présidentiel de transition (CPT), qui doit exiger des explications immédiates du gouvernement.
Mais ce désaveu, aussi ferme qu’il soit, met en lumière une contradiction. Fritz Jean se plaint d’un système qui prend des décisions capitales dans l’ombre, sans consultation, mais il choisit de rester en place. Il appelle à la transparence, réclame la mise en place d’un comité de suivi, mais refuse la voie radicale : la démission.
Cette posture traduit le dilemme de nombreux responsables politiques dans une gouvernance délabrée : dénoncer pour ne pas se compromettre, mais s’accrocher pour ne pas disparaître. Résultat : les accusations résonnent comme des gestes de survie plus que comme des actes de rupture.
Qu’il soit réel ou fantasmé, le prétendu contrat avec Blackwater agit déjà comme un révélateur. Il montre une fois de plus à quel point l’État haïtien est gangrené par l’opacité et combien la confiance publique est minée. En attendant la vérité, une chose demeure : les citoyens, eux, paient le prix d’une gouvernance qui navigue à vue.
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