Wednesday, March 18, 2026
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Deux agents du SWAT tués à Kenscoff : une gestion sécuritaire confuse et politiquement inquiétante

Le drame survenu le 19 août 2025 à Kenscoff, où deux agents du SWAT ont perdu la vie dans une frappe de drone, met à nu les dérives graves de la gestion sécuritaire en Haïti. Alors que le syndicat de la police (SYNAPOHA) pointe une frappe ” par erreur ” menée par une unité contrôlée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le communiqué laconique de la PNH publié le même jour semble vouloir banaliser un acte lourd de conséquences, en évitant soigneusement de nommer les responsables ou les circonstances exactes.

Ce double discours entre l’exécutif et l’institution policière reflète une absence criante de coordination. Pire, il traduit une politisation croissante de l’appareil sécuritaire, au détriment de la discipline institutionnelle. Comment justifier qu’un outil aussi stratégique que les drones soit entre les mains d’un pouvoir civil sans supervision opérationnelle directe de la PNH ? Comment une telle erreur mortelle a-t-elle pu se produire sans qu’aucun mécanisme de validation ni de ciblage clair ne soit activé ?

La réaction du SWAT, qui a riposté par des tirs en direction du bâtiment central de la PNH, révèle un malaise profond au sein même de l’institution. Ce n’est pas seulement un problème de commandement. C’est une rupture de confiance entre les forces opérationnelles et les autorités administratives et politiques.

Tandis que le Conseil Présidentiel de Transition appelle au respect des institutions et à un processus électoral crédible, ce genre d’incident mine tout espoir de stabilité. L’État ne peut pas appeler à la reconstruction démocratique tout en menant des opérations militaires improvisées contre ses propres agents. Il y a urgence à rétablir une chaîne de commandement claire, à désamorcer l’ingérence politique dans les affaires policières, et à rendre justice aux familles des agents tombés sous les balles d’un État désorganisé.

En définitive, ce drame de Kenscoff est bien plus qu’un accident tragique. Il est le symptôme d’un système sécuritaire fracturé, où l’arbitraire supplante la rigueur, et où la confusion stratégique coûte désormais des vies.

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Miracson Mondesir

Miracson Mondesir, originaire de Mirebalais, est un journaliste professionnel. Rédacteur polyvalent, ayant la capacité de traiter plusieurs sujets avec succès notamment la politique et la culture. Il pratique le journalisme pour être utile à sa communauté.