Massacre de Laboderie: Une réaction trop tardive pour une si grave tragédie
Quatre jours. Il aura fallu environ 96 heures au Conseil Présidentiel de Transition (CPT) pour finalement publier une note de sympathie après le massacre de Laboderie, dans la commune de Cabaret, où plus de quarante citoyens ont été atrocement exécutés par des gangs lourdement armés. Pendant que les familles enterraient leurs morts, souvent dans l’anonymat et la peur, le silence glaçant des autorités était assourdissant.
Cette réaction tardive et purement formelle ne fait que confirmer l’impression de déconnexion et de banalisation du drame par ceux qui prétendent diriger le pays. Le ton poli, presque administratif, de la note contraste violemment avec l’horreur de la réalité sur le terrain : des civils abattus sans pitié, des familles décimées, des maisons et commerces pillés, et une population totalement livrée à elle-même. Aucun mot sur une réelle mobilisation de moyens, aucun calendrier précis, aucune action immédiate en réponse à l’urgence.
Le CPT évoque vaguement des “instructions” données à la police, mais sans aucune preuve de résultats concrets. Cela fait des mois, voire des années, que ces instructions restent lettres mortes pendant que les gangs élargissent leur territoire. Cette absence de leadership, d’anticipation et de fermeté face aux criminels renforce le sentiment d’abandon et d’insécurité généralisée dans la population.
Si le Conseil Présidentiel veut encore préserver le peu de légitimité qu’il lui reste, il ne suffit plus de publier des communiqués de circonstance. Il faut des actes forts, immédiats et visibles. Car chaque minute d’inaction est une complicité silencieuse avec les bourreaux.

