Un accord pour relocaliser l’Hôpital général : une mesure nécessaire mais qui fait honte
Dans un pays où les infrastructures hospitalières sont déjà dramatiquement insuffisantes, voir le plus grand hôpital public du pays fermé depuis près de deux ans à cause des exactions de groupes armés dans la capitale constitue une véritable tragédie. C’est non seulement un désastre pour les patients privés de soins, mais aussi un aveu flagrant de l’incapacité des autorités à faire face à la crise.
Le mercredi 24 septembre 2025, à la Villa d’Accueil, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), en collaboration avec le ministère de la Santé publique et celui de l’Économie et des Finances, a signé un protocole d’accord pour relocaliser provisoirement l’Hôpital général. Certes, cette décision représente un souffle d’espoir pour une population qui souffre depuis trop longtemps de l’effondrement du système de santé. Mais elle ne saurait masquer l’essentiel : l’État a été contraint d’abandonner son principal centre hospitalier aux mains de la violence.
Cette situation illustre, dans toute sa brutalité, la faillite des institutions publiques face au chaos sécuritaire. Au lieu de protéger les espaces essentiels à la vie collective, les autorités se résignent à contourner le problème en cherchant des solutions temporaires. Or, la santé publique devrait être au cœur des priorités nationales. La relocalisation est un pis-aller ; seule une restauration effective de la sécurité et une volonté politique ferme pourront garantir aux citoyens le droit fondamental d’accéder aux soins dans la dignité.

