Haïti : plus de 10 200 bureaux de vote déjà identifiés, mais la sécurité reste le talon d’Achille
À la tribune des Nations Unies, le président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, a affiché son optimisme quant à la tenue des élections en Haïti. Plus de 10 200 bureaux de vote sont déjà identifiés sur les environs 12 000 attendus, du personnel électoral est mobilisé et un financement de 65 millions de dollars est garanti. Pourtant, l’insécurité reste le principal frein au processus.
Lors de la 80ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU, Laurent Saint-Cyr a dressé un tableau qu’il considère encourageant. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP), affirme-t-il, a déjà localisé environ 85 % des centres de vote, soit plus de 10 200 bureaux sur les environs 12 000 prévus. Parallèlement, plus de 70 % du personnel électoral est mobilisé, et le financement national à hauteur de 65 millions de dollars est garanti pour soutenir le processus.
Mais ces avancées techniques ne suffisent pas à dissiper l’inquiétude. Le président du CPT a reconnu que l’insécurité généralisée constitue le principal obstacle à la tenue de scrutins crédibles. Les violences de gangs, les déplacements massifs de populations et l’absence d’un contrôle effectif de l’État sur plusieurs zones stratégiques rendent l’organisation d’élections extrêmement fragile. « Le peuple haïtien doit pouvoir choisir ses dirigeants dans la paix », a-t-il insisté, tout en appelant à une action urgente et concrète.
Pour tenter de franchir ce cap, Saint-Cyr mise sur une coopération étroite avec la mission multinationale d’Appui à la Sécurité, ainsi qu’avec des organisations régionales et internationales telles que l’OEA, la CARICOM et le BINUH. Il plaide également pour une cohabitation politique productive, estimant que seul un dialogue élargi avec les différents secteurs de la vie nationale pourra éviter que le processus électoral ne soit pris en otage par des divisions internes.
Près de dix ans après les dernières élections, la démocratie haïtienne est à l’épreuve. Dix-huit mois après son installation, le Conseil Présidentiel de Transition, dont le mandat prend fin dans quatre mois, n’a pas encore réussi à instaurer un climat sécuritaire fiable. Beaucoup d’observateurs doutent désormais que cette nouvelle tentative puisse aboutir. La question est sur toutes les lèvres : le CPT réussira-t-il là où Ariel Henry avait échoué, ou bien le pays restera-t-il prisonnier d’une interminable transition politique ?
pascalfleuristil2018@gmail.com

