À défaut de gouverner, on voyage
Alors que le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, entame une nouvelle tournée diplomatique aux États-Unis et au Japon, la question de l’utilité réelle de ces déplacements se pose avec acuité. Dans un contexte national miné par l’insécurité, la misère grandissante, et une absence totale de calendrier électoral, ces voyages semblent bien loin des préoccupations quotidiennes du peuple haïtien.
Certes, la coopération internationale est importante. Mais à quoi bon enchaîner les rencontres diplomatiques quand aucun résultat concret n’est visible sur le terrain ? Les citoyens attendent des mesures fortes contre les gangs, une reprise effective des services publics, et surtout, des élections crédibles. Pendant que le président du CPT monte dans des avions, la population, elle, reste clouée au sol, sans protection, sans espoir.
Il est temps que les dirigeants haïtiens sortent de cette logique de représentation et se recentrent sur leur mandat de transition : rétablir l’ordre, préparer les élections, et poser les bases d’un avenir stable. Sinon, ces voyages ne seront rien d’autre que des fuites en avant, aux frais d’un pays à bout de souffle.

