Le RESEDH-RNDDH et la Société Makaya présentent un rapport conjoint sur l’année judiciaire 2024-2025
Le Réseau Sud-Est de Défense des Droits Humains – Réseau National de Défense des Droits Humains (RESEDH-RNDDH) et la Société Makaya (SOMA) ont présenté leur dernier rapport annuel sur la justice, lors d’une conférence de presse tenue jeudi 13 novembre 2025 dans la salle de conférence du RESEDH.
Intitulé « Une rentrée judiciaire caractérisée par la détention préventive prolongée, un défi majeur pour les acteurs du système dans la juridiction », ce rapport de 13 pages dresse un état des lieux du système judiciaire dans le département du Sud-Est. Il met en lumière la réalité carcérale, en particulier celle de la détention préventive prolongée, et évoque également le cas des gardes à vue intervenant après une condamnation par les tribunaux de paix. Le document formule par ailleurs une série de recommandations.
Le coordonnateur de la SOMA, M. Jean Jeudy, a expliqué la motivation de ce travail d’enquête : « Ce qui nous a poussés à réaliser ce constat, c’est le fait que, pour l’année judiciaire 2024-2025, un grand nombre de personnes incarcérées n’ont pas encore été jugées. Nous avons recensé des cas de personnes emprisonnées depuis 11 ou 12 ans, avec des dossiers toujours en cours, ou même de nouvelles affaires surgissant alors qu’elles sont toujours détenues. Face à cette situation, nous avons estimé qu’il s’agissait d’une violation flagrante des droits. »
De son côté, le coordonnateur du RESEDH-RNDDH, M. Pierre-Paul Jétho, a présenté une liste de neuf recommandations adressées à l’État, dont les principales sont : Doter les institutions judiciaires (tribunaux, chambres d’instruction, parquets, huissiers) des moyens logistiques nécessaires : véhicules 4×4, motocyclettes, matériel de bureau (imprimantes, photocopieuses, ordinateurs, fournitures) et d’un système électrique fiable ; Nommer des juges et juges d’instruction compétents et intègres pour réduire le taux de détention préventive ; Organiser régulièrement les assises criminelles et les séances correctionnelles dans des délais raisonnables ; Rendre fonctionnel l’organe d’Inspection Judiciaire et mettre en place des outils de suivi et d’évaluation périodique des acteurs du système ; Construire une nouvelle prison moderne aux normes nationales et internationales pour le département du Sud-Est ; Rendre la justice plus accessible en ouvrant au moins un tribunal de paix par section communale et en y nommant des juges formés et intègres ; Construire un local approprié pour le Parquet de Jacmel afin de mettre fin à la « promiscuité judiciaire » et de garantir des espaces distincts pour chaque parquetier et service ; Mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation pour les parquetiers, juges, juges d’instruction et employés administratifs.
Les organisations ont informé avoir déjà remis leur rapport aux autorités compétentes, telles que le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) et d’autres institutions concernées, chargées d’en assurer le suivi nécessaire.
Marcia MOÏSE
moisemarcha@gmail.com

