Wednesday, March 18, 2026
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FROCOSCIH sonne l’alarme: le CPT incapable de mener Haïti vers des élections crédibles

Le Front Commun de la Société Civile d’Haïti (FROCOSCIH) se dit vivement préoccupé par l’incapacité du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à matérialiser l’organisation d’élections crédibles et inclusives avant le 7 février 2026. Dans un communiqué, l’organisation salue les médias, la communauté internationale et la population haïtienne, tout en exprimant sa profonde déception.

Selon le FROCOSCIH, le CPT n’a pas respecté les engagements fondamentaux de l’accord du 3 avril 2024, notamment ceux liés à la sécurité, aux réformes constitutionnelles et institutionnelles, ainsi qu’à l’organisation des élections générales. Ces engagements, pourtant cruciaux pour un retour à l’ordre constitutionnel, n’ont connu aucune avancée concrète, malgré les promesses répétées des autorités.

L’organisation souligne que plusieurs opportunités ont été gaspillées. Aucun calendrier électoral n’a été consolidé, aucune stratégie efficace n’a été mise en place pour créer un climat favorable aux scrutins. Le climat d’insécurité persiste, décourageant toute initiative politique sérieuse, et les institutions électorales n’ont pas été renforcées de manière transparente.

Par ailleurs, FROCOSCIH reproche au CPT et le gouvernement Fils-Aimé de ne pas avoir mobilisé les ressources humaines, logistiques et financières nécessaires à l’organisation du processus électoral. L’absence d’un dialogue franc avec les acteurs politiques et sociaux est également dénoncée comme un frein à la réussite de cette transition.

L’organisation estime que ces échecs affaiblissent encore davantage les institutions régaliennes, compromettent la sécurité de la population et aggravent la crise de légitimité de l’État. Pour FROCOSCIH, l’échec du CPT et du gouvernement de transition est non seulement politique, mais aussi moral, car ils privent le peuple haïtien de son droit à choisir librement ses dirigeants.

L’organisation met en avant les cinq impératifs qu’elle juge négligés : la sécurité, les réformes constitutionnelles et institutionnelles, le renforcement du Conseil électoral provisoire, la mobilisation des ressources, et l’ouverture d’un véritable dialogue politique et social. Pour FROCOSCIH, l’absence d’avancées concrètes sur ces fronts mine sérieusement les chances d’un retour à l’ordre constitutionnel crédible.

Face à cette situation, FROCOSCIH ne se contente pas de dénoncer : elle lance des propositions concrètes pour sortir de l’impasse. Parmi celles-ci, l’organisation demande la mise en place d’un calendrier électoral validé indépendamment, la reconstitution d’un Conseil électoral provisoire crédible et transparent, et l’organisation d’un dialogue national inclusif impliquant partis politiques, société civile, communautés religieuses et acteurs sociaux. L’objectif : garantir une transition légitime et éviter une prolongation arbitraire du pouvoir intérimaire.

FROCOSCIH appelle également les partenaires internationaux et la diaspora haïtienne à exercer leur influence pour exiger de l’État le respect des engagements pris rappelant que l’accord de 2024 avait été conclu avec l’appui de la communauté caribéenne et internationale.

En conclusion, le FROCOSCIH appelle à un réveil collectif de la société haïtienne. Il invite tous les secteurs à se mobiliser pour réclamer le respect des engagements pris dans le cadre de l’accord du 3 avril 2024, et exige la mise en place rapide des conditions nécessaires pour organiser des élections libres, transparentes et démocratiques.

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Miracson Mondesir

Miracson Mondesir, originaire de Mirebalais, est un journaliste professionnel. Rédacteur polyvalent, ayant la capacité de traiter plusieurs sujets avec succès notamment la politique et la culture. Il pratique le journalisme pour être utile à sa communauté.