Thursday, March 19, 2026
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Promesses, photos et…. rien: la diplomatie fait semblant de jouer son rôle pendant qu’Haïti s’effondre

La réunion tenue ce jeudi 27 novembre à la Chancellerie entre le ministre haïtien des Affaires étrangères, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, et l’ambassadeur de France, Antoine Michon, s’inscrit dans une longue tradition d’échanges diplomatiques entre Haïti et la France. Officiellement consacrée à la coopération sécuritaire, cette rencontre, comme tant d’autres avant elle, met en lumière la volonté affichée des partenaires internationaux d’accompagner Haïti dans la résolution de ses crises. Pourtant, pour la population haïtienne, ces annonces se suivent et se ressemblent, sans jamais produire de résultats tangibles sur le terrain.

Depuis plusieurs années, le pays est plongé dans une crise multidimensionnelle. insécurité chronique, effondrement institutionnel, dégradation économique et exode massif. Face à cette réalité, les déclarations de soutien, même bien intentionnées, paraissent insuffisantes. La France, comme d’autres nations, renouvelle régulièrement ses engagements en matière de sécurité ou de renforcement institutionnel. Cependant, l’impact concret de ces initiatives reste quasi invisible. Les populations les plus vulnérables, qui espèrent des changements immédiats, ne voient qu’une succession de promesses diplomatiques sans véritable transformation.

La continuité évoquée dans le communiqué, notamment à travers l’entretien préalable avec le ministre français Jean-Noël Barrot lors du sommet CELAC–UE, souligne une dynamique de coopération qui se veut durable. Mais la question que beaucoup se posent demeure : où sont les résultats ? Les partenariats internationaux semblent s’enliser dans les mêmes formules, les mêmes diagnostics et les mêmes engagements. Haïti, pourtant, a besoin d’actions concrètes et rapides, particulièrement dans le domaine sécuritaire où la situation dépasse désormais les capacités de réaction de l’État.

L’évocation d’un ” agenda France-Haïti ” et d’un ” examen des possibilités de soutien mutuel aux candidatures au sein des institutions internationales ” peut même apparaître décalée face à l’urgence du moment. Alors que le pays est confronté à une violence extrême, que des familles entières sont déplacées et que l’économie sombre, il est difficile pour la population de percevoir l’utilité de discussions axées sur des enjeux diplomatiques de haut niveau. Haïti n’a pas besoin d’un simple repositionnement dans les forums internationaux. Elle a besoin d’un soutien opérationnel, soutenu et surtout cohérent.

Il est temps que la coopération internationale, dont la France est l’un des piliers historiques, se réinvente pour répondre efficacement aux réalités haïtiennes. L’heure n’est plus aux déclarations symboliques, mais aux engagements mesurables : renforcement concret de la police, appui massif à la justice, soutien structurant aux communautés, coordination réelle avec les acteurs locaux. Sans cela, les rencontres diplomatiques continueront de s’additionner… tandis que la crise haïtienne, elle, s’approfondira inexorablement.

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Miracson Mondesir

Miracson Mondesir, originaire de Mirebalais, est un journaliste professionnel. Rédacteur polyvalent, ayant la capacité de traiter plusieurs sujets avec succès notamment la politique et la culture. Il pratique le journalisme pour être utile à sa communauté.