Haïti: match à l’écran, obscurité à la maison
L’annonce faite cette semaine par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant l’installation de panneaux solaires et de télévisions dans toutes les sections communales pour permettre à la population de suivre la Coupe du Monde 2026 n’a pas manqué de susciter la polémique. Sur les réseaux sociaux, de nombreux citoyens ont exprimé leur mécontentement, estimant que cette initiative ne répond pas aux véritables besoins d’un pays où une majorité vit encore sans électricité domestique.
Dans un contexte où les familles haïtiennes peinent à accéder aux services de base, allouer des ressources pour regarder des matchs de football apparaît pour beaucoup comme une priorité discutable. La frustration des citoyens est d’autant plus grande que l’État n’a pas encore réussi à garantir l’accès régulier à l’électricité, un droit fondamental qui conditionne le développement et le bien-être des populations.
Si l’idée de promouvoir le sport et la culture peut se comprendre, elle ne devrait jamais se faire au détriment des besoins essentiels. Offrir la possibilité de suivre un événement sportif alors que des milliers de foyers restent plongés dans l’obscurité est perçu comme un manque de respect envers le peuple et comme une illustration de la déconnexion des autorités avec la réalité quotidienne des Haïtiens.
Au XXIe siècle, alors que de nombreux pays investissent dans des infrastructures durables et innovantes pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens, Haïti continue de faire face à des choix qui semblent symboliques plutôt que substantiels. Pour regagner la confiance et répondre aux attentes de la population, le gouvernement devrait prioriser les services essentiels avant de promouvoir le divertissement.

