Solidarité culturelle : Un spectacle au profit de 300 familles vulnérables
Sous le slogan évocateur « Ayisyen, Ann Renmen Ayiti », des fondations et partenaires communautaires ont organisé une activité culturelle et solidaire destinée à soutenir des familles déplacées vivant dans des conditions extrêmement précaires. L’initiative a mis en lumière la réalité de près de 300 ménages privés d’infrastructures sanitaires de base et dont la majorité des enfants reste exclue du système scolaire.
À travers un spectacle engagé et la mobilisation de donateurs, les organisateurs ont voulu allier culture, sensibilisation et action humanitaire, dans un contexte national marqué par l’insécurité et la multiplication des camps de déplacés.
Réunis autour d’un spectacle artistique à forte portée sociale, environ une centaine de personnes issues de quatre camps — Colombie, Kay Félix, DDEO et Pompe Gaz — ont pu bénéficier d’un transport spécial afin de prendre part à l’événement. Les responsables des comités de ces camps ont été publiquement honorés par la remise de certificats, en reconnaissance de leur engagement auprès des communautés déplacées.
Prenant la parole, Philippe Victor Châtelain, président de la Fondation Victor Châtelain, et Schneider Chéry, directeur de projet de la Coopération, ont salué la réussite de l’initiative. Ils ont insisté sur l’importance de la synergie entre fondations, organisations partenaires et citoyens solidaires, sans laquelle un tel projet n’aurait pu voir le jour.
Au cours de la soirée, une distinction spéciale a été décernée à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours pour son appui constant au programme « Non à l’abandon des enfants de rue » durant l’année 2025. Ce geste symbolique a rappelé le rôle clé des institutions confessionnelles et communautaires dans l’accompagnement des populations vulnérables.
Sur scène, les prestations artistiques ont donné la parole aux premiers concernés. Les enfants de la communauté Jamaïque ont présenté des chants et des tableaux inspirés de leur quotidien dans le camp, suscitant une vive émotion dans l’assistance. D’autres groupes et artistes, dont les enfants de Timkatec, Amis Slamarre, Maude, Haïti Dance Académie et Reeval, ont enrichi le programme par des performances engagées et solidaires.
Les organisateurs se sont félicités de la mobilisation des donateurs, expliquant que l’achat de billets par des sponsors et des particuliers a permis d’apporter une aide concrète aux bénéficiaires. Au-delà du spectacle, l’événement s’est voulu un plaidoyer en faveur de conditions de vie plus dignes pour les déplacés internes.
Alors que la fin d’année rime habituellement avec célébration, des milliers de familles déplacées continuent de lutter pour l’accès à l’eau, à l’éducation et à la santé. Dans un pays fragilisé par l’insécurité persistante depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, des initiatives comme celle-ci rappellent qu’au cœur de la crise, la solidarité demeure l’un des derniers remparts contre l’abandon.
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