Hôpital général : Un an après le drame du 24 décembre, le silence de l’État face à la mémoire des victimes
Un an s’est écoulé depuis l’attaque armée qui a endeuillé la presse haïtienne et ensanglanté l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Ce jour-là, alors que les autorités tentaient de relancer les activités du plus grand centre hospitalier du pays, des hommes lourdement armés ont ouvert le feu, fauchant des vies et brisant à jamais des familles.
Douze mois plus tard, aucune enquête sérieuse n’a abouti, aucun responsable n’a été identifié, et aucune mesure structurelle n’a été prise pour restaurer la sécurité autour de l’hôpital. Le silence institutionnel qui entoure ce drame renforce le sentiment d’abandon et d’injustice ressenti par les victimes et par toute une profession livrée à elle-même.
Le 24 décembre 2024 restera comme l’une des pages les plus sombres de l’histoire récente du pays. Ce jour-là, deux journalistes et un policier ont perdu la vie sous les balles, tandis que plusieurs professionnels des médias ont été grièvement blessés, dans ce qui devait être une opération de relance des services hospitaliers nationaux. L’événement, censé marquer un retour progressif à la normalité, s’est transformé en symbole de l’effondrement de l’autorité de l’État et de l’extrême vulnérabilité de ceux qui informent la population.
Un an après, l’Hôpital général demeure largement dysfonctionnel, les familles des victimes attendent toujours vérité et justice, et la presse continue de travailler dans un climat de peur et d’incertitude.
L’absence de poursuites judiciaires, le mutisme des autorités et l’inaction institutionnelle traduisent un renoncement inquiétant à protéger la vie humaine, la liberté de la presse et le droit fondamental à la santé. Plus qu’un simple souvenir douloureux, le 24 décembre 2024 est devenu le symbole d’un État défaillant, incapable de tirer les leçons d’un drame qui aurait dû provoquer un sursaut national.
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