Cap-Haïtien : quand la justice distribue les coups au lieu des jugements
Le vendredi 9 janvier 2026, le Cap-Haïtien a été le théâtre d’incidents marquants lors d’une opération de démolition menée par la délégation départementale du Nord. Ce qui devait rester une procédure administrative s’est transformé en scène de violence, mettant en lumière le comportement du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance, Me Éno Zéphirin.
D’après plusieurs vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux, un jeune entrepreneur a été interpellé après avoir contesté la démolition de son commerce, qu’il considérait comme légalement autorisé par la mairie. La confrontation a eu lieu sur le boulevard de Carénage et a été observée par de nombreux passants, témoins d’une escalade rapide des tensions.
Les images montrent le jeune homme repoussant la main du magistrat et demandant à ne pas être touché. En réponse, Me Éno Zéphirin a donné l’ordre à ses gardes du corps de procéder à son arrestation, l’accusant d’outrage à la magistrature. L’interpellation s’est déroulée de manière brutale, le jeune homme étant saisi violemment et maintenu par les agents présents.
Par la suite, le Commissaire du Gouvernement apparaît dans les vidéos en train de gifler l’entrepreneur. Des policiers en uniforme ont ensuite plaqué la victime au sol, tandis que le magistrat lui portait des coups de pied dans le dos. D’autres agents de la police ont également participé à la bastonnade, accentuant la violence de la scène.
La violence ne s’est pas limitée à l’entrepreneur. Une femme critiquant publiquement le comportement des autorités a été menacée par Me Éno Zéphirin, sommée de se taire sous peine de perdre son autorisation. Un agent de sécurité a même tenté de l’intimider avec une arme, avant que l’intervention de plusieurs témoins n’empêche de nouveaux gestes violents.
Ces événements ont provoqué une forte indignation au sein de la population et sur les réseaux sociaux. De nombreux citoyens dénoncent des abus de pouvoir et un comportement indigne d’un représentant de la justice. Plusieurs voix appellent désormais à la révocation du Commissaire du Gouvernement Éno Zéphirin, accusé d’avoir transformé une mission administrative en démonstration d’intimidation et de violence.

