Wednesday, March 18, 2026
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Nord en état de mort lente : quand la justice abandonne les vivants

Depuis le 2 décembre 2025, le département du Nord s’enfonce dans une spirale de violence meurtrière qui ne suscite ni réponse judiciaire crédible ni réaction politique visible. L’assassinat de la commerçante Venante Merveille, exécutée par balles malgré les démarches et plaintes répétées de sa famille, a marqué le début d’une série macabre. Le 8 décembre, le jeune Alexis Duval, 19 ans, est tué à Blue Hills. Le 17 décembre, deux corps sont retrouvés dans un véhicule à Charrier, sur la route nationale #1. Le 6 janvier 2026 enfin, trois membres d’une même famille sont découverts morts dans une voiture à Barrière-Bouteille, dans un état avancé de décomposition. Cinq crimes majeurs, plusieurs victimes, zéro arrestation annoncée.

Plus inquiétant encore que la violence elle-même est le silence assourdissant des institutions censées y répondre. Le Commissaire du gouvernement près le Tribunal de première instance du Cap-Haïtien, Me Éno Zéphirin, n’a fait aucune communication publique substantielle, n’a annoncé aucune enquête prioritaire, n’a pris aucune mesure visible pour endiguer ce fléau.

Cette absence totale d’initiative judiciaire face à des crimes d’une telle gravité donne l’impression d’un parquet désengagé de sa mission première : poursuivre les auteurs d’actes criminels et protéger la société.
Cette inertie tranche brutalement avec l’empressement du même parquet à user de la force contre des citoyens sans armes ni menace. La brutalisation d’un jeune entrepreneur, sanctionné pour sa prise de position et non pour un crime, illustre une dérive inquiétante : une justice rapide contre les faibles, muette face aux tueurs. Cette justice à géométrie variable nourrit l’idée que, dans le Nord, l’appareil judiciaire ne fonctionne plus selon le droit, mais selon l’opportunité, l’arbitraire et l’abus de pouvoir.

La mairie du Cap-Haïtien, la délégation départementale et le parquet forment aujourd’hui un bloc institutionnel silencieux face à l’effondrement sécuritaire. Routes nationales transformées en couloirs de la mort, familles abandonnées à leur deuil, population livrée à la peur : le constat est sans appel. Dans le Nord, l’État ne protège plus, la justice ne rassure plus, et l’autorité ne s’exerce que pour réprimer. À ce stade, ce n’est plus seulement l’insécurité qui tue, mais l’effondrement assumé des institutions.

duverneguyno@gmail.com

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Duverné GUYNO

Guyno DUVERNÉ Né à Pilate le 1er septembre 1985 Habite au Cap-Haitien Journaliste/communicateur Sexothérapeute, Conseiller Conjugal et Familial(CCF), étudiant en Psychologie et en Diplomatie. E-mail : duverneguyno@gmail.com