Wednesday, March 18, 2026
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12 janvier 2010 : Quand l’oubli menace de répéter la catastrophe sismique en Haïti

Seize ans après le séisme du 12 janvier 2010, Haïti semble glisser vers une amnésie collective dangereuse. Alors que le pays demeure exposé à un risque sismique élevé, l’absence de mémoire active, de prévention et de politiques durables fait planer la menace d’un nouveau drame aux conséquences potentiellement irréversibles.

Le 12 janvier 2010, à 4h53 de l’après-midi, la terre a brutalement rappelé à Haïti sa vulnérabilité. En quelques secondes, des villes entières se sont effondrées, des familles ont été décimées et l’État a vacillé sous le poids d’une catastrophe sans précédent. Les pertes humaines et matérielles ont bouleversé durablement le tissu social et économique du pays. Pourtant, avec le temps, la commémoration s’est faite plus discrète, la mémoire plus fragile. La reconstruction, souvent improvisée, s’est opérée dans l’urgence plutôt que dans la rigueur, laissant proliférer des constructions précaires, exposées aux mêmes risques qu’hier.

Cette insouciance est d’autant plus préoccupante que la réalité géologique demeure inchangée. Située sur une zone de contact entre deux plaques tectoniques actives, Haïti reste sous la menace permanente de secousses majeures. Les failles qui traversent le territoire rappellent que le séisme n’est pas un événement exceptionnel, mais un phénomène récurrent. Face à cette certitude scientifique, l’absence d’un véritable programme national de prévention, d’éducation sismique et de contrôle des normes de construction traduit un échec collectif, tant institutionnel que citoyen.

Oublier le 12 janvier 2010, c’est accepter le risque de le revivre. La mémoire n’est pas un luxe, mais une condition de survie. Tant que Haïti refusera de transformer le souvenir en action, la prochaine secousse ne sera pas seulement un drame naturel, mais la conséquence d’un choix : celui de l’oubli

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.